« Le Crime de l’Orient-Express » ne tourne pas très bien

6/10 : car je peux quand même pas donner moins pour un cast pareil.

Quand on s’attaque à Hercule Poirot dans l’un des plus grands succès d’Agatha Christie, c’est difficile de vraiment se défaire de ses aprioris. Des adaptations du Crime de l’Orient Express, il y en a eu en pagaille mais on retiendra notamment le film de Sydney Lumet de 1974, alors une de plus ou une de moins en 2017, pourquoi pas !

Quand j’ai appris que Kenneth Branagh allait s’occuper de cette nouvelle adaptation et quand la FOX a annoncé le casting qui accompagnait le projet, j’ai mis mes aprioris de côté pour louer tous les dieux *_*, c’est ça la classe à l’anglaise. Il fallait que ce soit une bonne adaptation !

Sir Branagh connait bien ses classiques, il a adapté Hamlet évidemment et dirige sa propre compagnie de théâtre. Récemment il se trouvait derrière la caméra du live action de Cendrillon qui était agréablement plaisant (celui avec Lily James et Richard Madden). Mais voilà, le gentilhomme possède peut-être un défaut, il se met bien trop en avant quand il joue dans ses propres réalisations (et il a pris un sacré coup de vieux, ou alors c’était un très bon maquillage). Et je crois que c’est l’un des nombreux soucis que j’ai rencontrés avec son Crime de l’Orient Express.

Pour les gens qui n’ont pas lu le classique d’Agatha Christie, Le Crime de l’Orient Express reprend la formule magique de ses romans policiers de style « whodunit ». Un mort, un huis-clos, des suspects, et Hercule Poirot le plus grand détective belge pour résoudre l’affaire tout en laissant sa chance au lecteur/spectateur de trouver la solution. Et là, l’enquête se déroule dans un train (en première classe), bloqué pour quelques heures à cause d’une avalanche.

Branagh campe un Hercule Poirot maîtrisé. Il va dans les détails, l’accent est parfait, sa moustache n’en parlons pas, et clairement, le monsieur s’amuse énormément. Avec cette version 2017, on a le droit à une mise en scène vraiment moderne, la vue de l’extérieur du train qui suit les protagonistes à l’intérieur, mais aussi celle qui filme de haut pour garder l’esprit confiné du train. Vraiment chouette pour un huis-clos de vouloir rendre l’espace encore plus petit. C’est sûrement ce que j’ai préféré, l’histoire avance bien, et on capte un indice par-ci et par-là comme dans les romans. Mais à part ça, y a rien de neuf, c’est même un peu plat…

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Je vais quand même mentionner le casting. Okay, bon, nul n’est parfait, y a Johnny Depp, mais le reste ?! Dame Judi Dench, Olivia Colman, la jeune Daisy Ridley, Aaron Burr ou plutôt Leslie Odom Jr. haha, Michelle Pfeiffer, j’en passe et des meilleurs. Et avec un tel ensemble, je me suis dit que le réalisateur saurait les mettre en avant, non ? Même si ce sont des suspects et qu’ils sont nombreux. Ben bof, en fait… Poirot a toujours été ZE héros de l’histoire, mais là, son omniprésence pèse un peu trop. C’est sûr, c’est un génie blabla, mais un film avec un tel casting ne peut pas reposer sur une seule personne. Pire que Sherlock Holmes, c’est pour dire !

Ensuite tout l’aspect dramatique des flashbacks était un peu trop trop surfait et surtout à aucun moment on sympathise avec la tragédie qui est mentionnée (et qui est liée au meurtre évidemment) en passant. En fait, on comprend jamais vraiment ce qui s’est passé et ça reste des bribes d’une histoire décousue.

Bon, même si cette adaptation sera vite oubliée, c’était joli à regarder. Costumes, effets visuels, toussa toussa…

J’attends avec impatience le prochain film de Branagh. Ce sera (encore) une adaptation d’Artemis Fowl, et pour ceux qui étaient des avides lecteurs de fantasy en étant jeunes dans les années 90, je peux dire que c’est l’une des franchises en tête de liste. Me suis souvent demandée pourquoi la saga n’a pas été adaptée avant d’ailleurs. Bref, ce sera chouette (même si on ne connait aucune tête d’affiche pour le moment) !

Sortie le 13 décembre

Goodbye Christopher Robin, le héros de Winnie l’Ourson

Oui, ça fait deux ans que je n’ai pas écrit. Oui, j’écrivais autre part. Enfin, oui, je suis prise d’une velléité soudaine et je vais reprendre. Car pourquoi pas. Et du coup, je change un peu ma mise en forme.

Et la reprise commence avec Goodbye Christopher Robin, ce petit drame britannique sur la naissance de Winnie l’Ourson, le deuxième ours le plus renommé au monde (le premier étant Paddington, selon moi et ma mauvaise foi). Le film ne sortira probablement jamais en France, mais c’est pas grave, il donne chaud au cœur !

Je ne sais pas si c’est l’effet de mon premier film vu à Londres, dans une petite salle indépendante pas très bien entretenue avec un public composé principalement de 10 enfants, ou si parce que la bouille de l’acteur qui joue Christopher Robin me donnerait presque envie de lui pincer les joues (un certain Will Tilston qu’on reverra bientôt j’espère, un Jacob Tremblay d’un autre genre), mais en tout cas, j’ai eu ma dose de pleurs.

Direction la campagne du Sussex des années 30, où Alan Milne (Domhnall Gleeson qui a une tête de méchant) s’est retiré pour trouver de l’inspiration. Il revient de la guerre, il souffre de syndrome post-traumatique, et veut écrire un plaidoyer pour mettre fin au concept de guerre. Dans les bois autour de sa propriété, c’est son fils Christopher Robin, aka Billy Moon qui va lui donner l’idée de l’histoire qui va changer leur vie : Winnie l’Ourson.

Seulement voilà, qu’est-ce qu’un gamin de 8 ans peut bien vouloir ? Pas la gloire ou la fortune, nope, mais l’affection de ses parents. Ce qui semble bien compliqué pour le petit Billy quand sa mère (Margot Robbie qui a été très mal vieillie) prête plus attention à ce qu’elle peut acheter avec les sous engrangés et que son père présente des difficultés pour exprimer ses sentiments. La seule personne qui reste dévouée à Billy semble être sa nounou (Kelly MacDonald, géniale, source principale de mes pleurs).

Et on voit bien combien il est difficile pour ce petit aux fossettes les mieux dessinées au monde de concilier le Christopher Robin (Jean-Christophe chez nous) du livre d’enfants et le Billy Moon de la vraie vie. C’est d’autant plus impressionnant quand l’acteur de 9-10 ans arrive à donner la réplique sur un pied d’égalité à ses partenaires adultes. Je sais que les gamins anglo-saxons sont bons, mais à ce point-là !

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Mis à part ça, j’aurais préféré que Domhnall Gleeson et Margot Robbie finissent ensemble dans Il était temps plutôt que jouer un couple dans ce film-là car le manque d’alchimie fait facepalmer. Disons qu’une liaison avec la nourrice ne m’aurait pas gênée tellement les regards entre les deux personnages faisaient plus d’effet qu’un baiser entre les parents.

Puis y avait clairement un souci de maquillage. Ça ne m’a jamais véritablement dérangée, mais les plans rapprochés sur le visage de Gleeson attiraient plus mon œil sur le ton chelou du maquillage/sa peau, plutôt qu’aux expressions faciales, ce qui est un peu dommage.

Je crois que j’aurais aimé que le film ressemble plus à Miss Potter, le presque biopic sur Beatrix Potter, l’auteure de Pierre Lapin. On y voyait des images d’aquarelle, de l’animation, et ça aurait été une touche fantasque plus que bienvenue dans Goodbye Christopher Robin. En fait, le film était un peu maladroit, à aborder des thèmes adultes comme le post-trauma, mais en même temps à garder un ton très enfantin. Sauf que ça n’allait pas à fond ni dans un thème ni dans l’autre, ce qui donne un sentiment d’inachevé… à tous les niveaux. On s’attache clairement à Billy, mais là où la relation père-fils aurait pu être incroyable, elle finit par laisser un goût amer.

Bref, tout ça pour dire que c’est clairement pas une grande œuvre cinématographique, mais un joli drame qui fait voir le monde par les yeux du Billy Moon, avec en bonus les coulisses de la vie de l’auteur de Winnie l’Ourson. Eh oui, c’est bien touchant.

People like us… or not? – Film

Disponible en DVDrip, 720p, 1080p, date de sortie cinéma inconnue (jamais ?) en France. Billet contenant certainement des spoilers...

Quelques mots sur l’affiche : couleurs douces et chaudes, elle me fait un peu penser à celle de « Never Let Me Go » (version UK) mélangée à « Like Crazy ». J’ai été tout de suite touchée et intéressée (enfin, j’avais reconnu Banks). Bon, dans une autre optique, on pourrait également dire qu’elle fait pub pour assurance vie avec leurs sourires Colgate, mais on va faire semblant de ne pas l’avoir vu. En tout cas, ça annonce d’emblée le genre, un bon petit drame sentimental. La proximité de Chris Pine avec Elizabeth Banks sans pour autant l’enlacer pose directement l’ambiguïté de leur relation. Police nette et neutre, pour appuyer le titre. Ce sont des gens comme tout le monde… ou pas.

Synopsis Allociné : Un homme retourne chez lui après la mort inexpliquée de son père. Il découvre alors un secret familial et commence un voyage introspectif.

Pour gonfler un peu le synop’ d’Allo, je préciserai juste que le héros découvre en fait sa demi-sœur cachée, qu’il va tenter de connaître tout en gardant son anonymat… S’ensuit alors la découverte de la définition de la véritable famille…

Qu’est-ce qui m’a donné envie à la base ? Comme je suis une pure groupie, je m’intéresse d’abord aux acteurs/réalisateurs avant de me pencher sur l’histoire. En l’occurrence, Elizabeth Banks et Olivia Wilde sont deux raisons suffisantes à mes yeux pour voir un film x’D. Banks a réussi à casser récemment son image de « bonne poire » rigolote pour jouer dans des films sérieux (je pense par exemple à Man On A Ledge ou encore The Next Three Days) et c’est vraiment agréable de la voir dans le rôle d’une femme « normale ». Je ne dis pas, elle est aussi douée en comédie bien entendu, ses apparitions dans 30 Rock sont toujours les bienvenues ! De même pour Wilde, elle tente peu à peu de quitter son rôle de bimbo abonnée aux blockbusters pour des films plus indépendants ou comiques (qui malheureusement ne la mettent pas toujours en valeur), mais comme elle écope souvent des seconds rôles, elle n’arrive pas encore à affirmer sa crédibilité. Sûrement un jour… j’espère.

Oh le joli film qui veut faire pleurer. Je suis très bon public dès qu’il s’agit de drame ou de comédie, donc on peut dire que c’est une jolie dramédie. Le tout premier du genre pour le duo Roberto Orci/Alex Kurtzman qui sont plus connus pour les scénarios de Star Trek, The Island ou encore la série Hercule ou même Fringe. Qu’est-ce qui a bien pu passé par leurs têtes pour changer si radicalement de genre ? C’est en tout cas une belle façon de plonger dans le bain. En fait, ils ont adapté une histoire vraie, d’où le sentiment de réalisme (dans une certaine mesure, car l’histoire reste incongrue). Pour l’anecdote, c’est un mixte d’une histoire qui est réellement arriver à Kurtzman, mélangé à celle d’une amie d’Orci. Comme quoi, ce sont les types lambdas qui sont surpris par des circonstances pas banales. Kurtzman se charge également de réaliser le film. Bon, ça a été un gros flop au box-office américain lors de sa sortie, puisque pour un budget de 16 millions, le film n’a engrangé que 12 millions de dollars… C’est bien dommage, surtout que les critiques n’étaient pas si désastreuses en plus (on va dire mitigées, mais c’est toujours le cas pour les drames, et en plus, c’est produit par Disney). Les gens ont dû préférer d’autres films… Du coup, pour une sortie française, je pense qu’on peut se brosser. Après, ce n’est pas forcément un film qu’on va forcément voir au ciné, mais plutôt en VOD tranquillement chez soi, donc j’ai de l’espoir pour sa vie post grand écran.


D’accord, c’est cliché. C’est l’éternel secret familial de la double vie du père qui en plus a délaissé son gamin alors qu’il n’était que dans l’enfance (bon, on a dit une partie d’histoire vraie x’). Eh oui, la rancœur est tenace chez Sam Harper (Chris Pine et sa tête à claques, vous l’avez compris, je ne le porte pas sur mon cœur) qui se voit dès le début du film, sur le point d’être viré de son entreprise. Cette première scène justement, elle est bien pratique pour expliquer la suite et sa réaction vis-à-vis de l’argent qu’il pourrait obtenir. En gros, Sam est un beau-parleur au bon cœur, avec une belle copine Hannah (une Olivia Wilde plus « normale » que d’habitude, mise au troisième plan) afin de rendre leur couple glamour, avec une enfance difficile renforcé par un syndrome d’abandon. Tout ce qu’il y a de plus cliché pour le moment. Ah oui, il est sujet au mensonge facile également. C’est après que ça devient intéressant. Première scène dramatique après l’annonce du décès de son père puis avec les retrouvailles avec sa mère Lilian (Michelle Pfeiffer qui a incroyablement vieilli oO) et une claque bien méritée. Puis enfin, on comprend le lien entre Sam et Frankie (Elizabeth Banks) et le film commence enfin (car bon, le début est un peu lent pour tout mettre en place).

Il y a quelques scènes qui tirent sur le pathos, notamment celles avec Michelle Pfeiffer, mais elle réussit à insuffler tellement d’émotion qu’on lui pardonne. Globalement, le drame familial est assez convenu, là où c’est original, c’est au niveau des dialogues. Les répliques cinglantes d’un gamin de 11 ans (Michael Hall D’Addario) qu’il sort avec un naturel déconcertant font mouche fréquemment, et on se surprend à esquisser un sourire de connivence. Même si en regardant les choses en face, lui n’est carrément pas réaliste x’D. Mis à part ça, il faut aussi préciser que le côté « quête de la reconnaissance paternelle même posthume » est un peu ringard, mais ce qui ne l’est pas, c’est la relation entre Sam et Frankie. Banks est excellente dans le rôle, le doute s’insinue dans l’esprit, on l’apprécie, on la soutient, on éprouve de l’empathie face à sa situation (et elle fait pleurer) tandis que Pine est assez monotone (plus je vois des films avec lui, plus je trouve que ses yeux sont étranges et non plus beaux…). Donc voilà, c’est un peu cruche par moment, digne des histoires à l’eau de rose purement américaines où on devine le début dès les premières secondes, mais cela n’empêche pas d’avoir envie de regarder le film, rien que pour voir ce qui va se passer :’). Par exemple, j’ai appris que du sodium dans l’eau créait une explosion x’D.

Avec ça et des cameos de Jon Favreau et Mark Duplass, People Like Us devient un film qui n’a pas du tout marché mais que je conseille de regarder si vous avez du temps ou envie qu’on vous raconte une belle histoire. L’important n’est pas de se prendre la tête en disant que de toute manière c’est limite incestueux ce que Sam fait, mais simplement accepter que c’est un type un peu paumé qui voudrait bien agir dans sa vie :’). Je ne pense pas qu’on puisse le décrire comme mielleux, mais juste prévisible. Ça ne dégouline pas d’amour quoi.