Don’t shoot the Mockingbird (Lane)…

Je suis assez contente que le pilot de Mockingbird Lane ait finalement été diffusé à la TV. Quand le projet avait été annoncé, le nom de Bryan Fuller brillait un peu comme les fraises du Pie Hole et j’imaginais déjà le genre de la série et son esthétique particulière. Quand les noms du casting ont été annoncés, mon impatience s’est encore accrue à l’idée de revoir Portia De Rossi à l’écran (RIP Better Off Ted introuvable en DVD) et Jerry O’Connell qui ne semble pas avoir vieilli (ce que c’était bien Sliders :’D). Après, NBC n’a pas choisi de continuer l’aventure, mais a décidé de diffuser le pilot pour Halloween. Pourquoi pas quoi. Même si une série complète aurait bien évidemment été plus satisfaisante. Mais c’est tout de même mieux que rien (car on nous a bien mis l’eau à la bouche avec les photos promos et tout, et au final, pour quasiment rien)… Déjà, je ne connaissais pas The Munsters, et en règle générale, je n’aime pas trop les fictions avec des êtres surnaturels, que ce soit des vampires, des loups-garous ou autres. Ça me fait peur tout bêtement, et leur mythe est souvent raté. C’est un peu différent avec La Famille Addams dont l’humour noir fait souvent mouche. Bref, de toute manière, je n’aurais jamais regardé la série originale. J’ai lancé l’épisode en ayant aucune idée du sujet dont ça parlait, et je n’en ai que mieux profité.

Première surprise, la réalisation déléguée à Bryan Singer x’D. J’avais l’impression de débarquer dans la quatrième dimension *bruitages bizarres*. Sûrement que la nouvelle n’était pas nouvelle justement… mais j’ai dû l’oublier dans les méandres de mon cerveau. En tout cas, bonne surprise. La première scène avec les petits scouts m’a vraiment faite rire. J’avoue que j’ai un petit faible pour ces explorateurs de la nature x’D. Au moins, ils apprennent ce qu’est la nature, ce qu’on ne peut pas dire de la majorité des Américains. Puis leurs petits badges sont mignons. Et j’ai maintenant l’image d’Edward Norton en chaussettes hautes (Moonrise Kingdom). D’ailleurs, le petite Eddie pourrait carrément s’y intégrer avec son style expressif. Dès les premières minutes, le ton est posé. Les gamins ne seront pas sauvés. Et tant mieux, y en a marre de ces shows où les gamins sous prétexte qu’ils sont mineurs, sont sauvés miraculeusement. Ce sont les plus faibles (généralement), qu’ils crèvent que diable ! Et on reconnaît rapidement la touche de Fuller (le plan avec la lune en fond, c’était pas mal). La seconde scène, avec l’introduction en dessin, c’est pas mal aussi :’). Et là, bam. Charity Wakefield. Impossible de remettre sa tête. Et puis après un tour sur iMDb, révélation, c’était la petite de Raison et Sentiment et Any Human Heart (oui, j’ai pas vu toute sa filmo x’). Et re-bam. Le manoir. Il est vraiment chouette. Les toits colorés, l’architecture mélange de gothique et de moderne (avec le Golden Gate en fond :’), ça rend bien mieux en vidéo qu’en photo :’D. Honnêtement, si Fuller devait être reconnu pour un talent, c’est son imagination débordante notamment au niveau de l’esthétique. Je pleure encore des larmes de sang pour Pushing Daisies (et dans une moindre mesure, Wonderfalls). Première apparition de Jerry O’Connell et WTF ? On dirait que c’est toujours le jeunot de Sliders x’D (et j’avais pas aimé The Defenders, donc bon).

Je sais plus où je lisais que Singer aimait beaucoup les travellings, et effectivement, il y en a eu beaucoup :’). Mais ça donne un certain effet aux personnages, donc pour le coup, c’est carrément le bienvenu. Et comme c’est le pilot, c’est un peu la découverte. L’arrivée d’Eddie Izzard (il était top dans The Riches) et Portia De Rossi est assez coolie, première vraie touche d’effets spéciaux (oui, car bon, le loup-garou en fond ne compte pas) et comme prévu, ce n’est pas top. Par exemple, le dernier fond vert de l’épi est atroce, mais comme ils sont sur le toit, c’est chouette huhu. Mais ce n’est pas très dérangeant car ça colle avec le ton décalé de la série (et on sait bien que ce n’est pas l’important). Les habits vintage à côté d’un iPad par exemple x’D. Les effets cheap (dont le maquillage de Grandpa) par rapport à la richesse du contexte. L’aspect créatif compense largement le manque de moyens (le cercueil, en soi un cercueil n’est pas original, mais le design du sien est juste énorme !). J’aime bien aussi les thèmes musicaux de chaque perso (et j’avoue, j’ai trouvé ça drôle la seconde entrée de De Rossi qui n’est pas si mal en brune :’D). Et la BO en règle générale toute pop et dynamique et bon enfant. Ça fait plaisir de pouvoir entendre de la musique dont on distingue les instruments quoi…

Là où ça pêche un petit peu, c’est au niveau de l’histoire. Il ne se passe pas grand-chose dans ce premier épi. Il a beau intriguer, il ne renvoie pas vraiment d’intérêt flagrant (sauf peut-être pour le cliffhanger de fin). Et je suppose que le ton est un peu indécis. On ne sait pas si c’est une comédie ou plutôt une série plus noire… J’avoue que je n’aurais pas été contre le format 20 minutes :’/. Au moins, on aurait été fixé au lieu d’être servis par des platitudes. Mais là, on peut dire que c’est une bonne dramédie. Et après, niveau dialogue… Je crois que ce qui m’a le plus marquée, c’est le « Walking away is a form of goodbye. » C’est pour dire… Les Munster parents Lily et Herman sont un peu lisses quand même… pour le moment du moins (et à jamais du coup x’D). Après, on sent que Marilyn a du potentiel et qu’Eddie va finir par nous saouler alors qu’il n’est pas antipathique pour un gosse. Et que Grandpa va sûrement stagner sans évoluer car il est déjà trop dévoilé au début. Au risque de me répéter, ça rappelle vraiment Pushing Daisies, même dans l’approche de la mort qui est relativement banalisée. Dans le traitement des couleurs aussi (la lumière, magnifique, ça rend leur monde surnaturel). Disons que c’est plus proche de sa dernière série que de sa première série (Dead Like Me). Et même dans le style du jeu des personnages qui sonne un peu « superficiel » et parodique, on ressent l’humour :’).

C’est donc un peu le problème. L’histoire de la série est un peu posée mais pas tout à fait, et ça parle beaucoup de mort encore une fois, le thème de prédilection de son producteur. Les chances pour que NBC la reprenne sont quasi nulles, mais l’espoir fait vivre. Du coup, il faudra attendre le début de l’année prochaine pour revoir le travail de Fuller puisque Hannibal (Hugh Dancy, cœur cœur) sera diffusé à ce moment là. C’est sans doute la série que j’attends le plus :’), même si j’ignore comment il pourra intégrer ses jeux de couleurs là-dedans (faudra voir le sang :’/). Ce qui me fait penser, ce qui manquait à Mockingbird Lane, c’était peut-être quelqu’un de la famille Fuller (pour pas dire Fullerverse haha), et à tout hasard, j’aurais bien vu Lee Pace ou Callum Blue à la place d’O’Connell x’). Enfin, je dis ça parce qu’il a quand même réussi à caser Caroline Dhavernas (Wonderfalls) dans Hannibal. Voilà, je suis grave dégoûtée qu’il n’y ait pas une suite ><, surtout avec la fin clairement sympa. Au pire, ils pourraient juste faire un téléfilm un peu plus long que le pilot pour nous satisfaire, non x’D ?

Too Broke Girls – Reprise

Des spoilers des épisodes 1 & 2 de cette saison 2.

Je commence à perdre espoir devant 2 Broke Girls. C’est assez dommage car l’an dernier, j’avais vraiment bien aimé cette petite comédie. J’avais Kat Dennings dans ma liste des actrices à suivre depuis Charlie Bartlett en 2007, qui avait précédé le très touchant Une Nuit à New York (Nick & Norah’s Infinite Playlist en VO), du coup, quand j’ai vu qu’elle allait passer hebdomadairement à la télé dans une série, j’ai été très emballée (même si je me suis sentie agresser par sa poitrine oO, mais là, elle a pas trop maigri ?!). Le début de 2 Broke Girls est assez bon, j’ai trouvé. Deux filles que tout oppose, mais qui vont devoir cohabiter à la suite de circonstance imprévues. Déjà, le fait que la série ait un objectif, ça change des autres (après, si on attend X saisons avant que la tirelire soit remplie, ça va vite devenir gavant à la HIMYM) et en plus, leur histoire avance ! Dans ce season premiere, enfin on parle un peu du père Channing, eh bien ça fait plaisir. Et leurs clichés sont les bienvenus. Ils jouent cette carte à fond, et on se prend au jeu très souvent (petite mention au Chinois, oui Han, c’est bien de ne pas avoir peur du ridicule).

Toutefois, le plus gros reproche que j’avais soulevé dans la première saison était le côté trop scripté de la série. Les premiers épisodes, ce côté « récitation » ajoutait une touche de vintage qui correspondait bien au style de la comédie, et les fondus de scène me rappellent un peu les débuts de Friends (non pas que je rapproche les deux séries, hein !). Mais au fur et à mesure, les dialogues sont devenus de plus en plus lourd et les rires de plus en plus forcés. Ces répliques ont une double conséquence. D’une part, elles peuvent devenir cultes. C’est assez intéressant car ils se servent énormément de l’actualité, que ce soit de la communauté un peu nerd (comme dans l’épisode 2 « Twitter is stupid and Instagram is Twitter for people who can’t read. ») ou des buzz de société (Game of Thrones est hyper tendance en ce moment, je ne compte plus les références x’D). Donc ça, c’est vraiment un aspect que j’apprécie, j’ai l’impression de voir un show moderne qui sait parler aux différents publics. Les protagonistes se cassent gentiment (plus ou moins) entre eux, sans se prendre au sérieux.

Après, il y a le revers. C’est trop forcé. Les blagues ne font pas vraiment naturelles, parfois il y a même des pauses pour laisser le temps aux spectateurs de rire (et je ne parle pas uniquement des rires enregistrés qui sont vraiment très nombreux). Du coup, cela ressemble plus à du stand-up qu’à une série, et ça me désarçonne un peu. Pour en rajouter une couche, Caroline  sourit/rit très souvent aux phrases de Max. On dirait dans ces cas-là qu’elle sort de son personnage. Une seconde je me dis, « mais si, elle a raison de rire car c’était drôle », puis la seconde d’après « mais elle rit vraiment tout le temps aux blagues de Max et à ses propres blagues oO ». Ce qui fait que dans certaines scènes, la dynamique n’est pas équilibrée car Max ne sourit que très rarement, préférant jouer la carte de la blasée. D’ailleurs, en règle générale, Dennings a plus d’opportunités pour faire l’intéressante que Beth Behrs (bien que le « It’s like a gay R2D2, well a gayer R2D2 » était pas mal du tout x’) même si leur temps à l’écran est relativement similaire. Bref, pour en revenir aux rires, il n’y a pas que Caroline qui fait ça, les autres aussi, ils attendent qu’un collègue ait fini de parler et on les voit se préparer à sortir leur connerie. Ça m’insupporte de plus en plus, et j’ai vraiment senti cette « obligation de rire » dans ces deux premiers épisodes de la saison 2.

Ensuite, il y a l’aspect « vulgaire ». Car oui, j’adhère bien souvent à cette banalisation de l’humour sexuel (notamment dans les films récents), mais il y a quand même un quota (dans mon esprit). Outre le personnage d’Oleg qui ne peut pas être tenu responsable du remplissage de la jauge tant le personnage en lui-même est sexuel (haha, je ris à mes blagues aussi), la vulgarité est un peu trop employée comme moyen comique à mon goût (à lui seul, mon quota serait déjà explosé, donc autant faire abstraction). La cerise sur le gâteau, c’est l’ajout de Jennifer Coolidge. Je n’arrive pas à déterminer si c’est vraiment too much ou si ça ajoute de la fraîcheur. Non, en fait, c’est vraiment trop, avec son accent, la mère de Stifler puissance 100… Max et Han ne sont pas avares non plus sur les vannes dans ce domaine, et ils les sortent avec le plus grand sérieux du monde, ce qui fait que ça passe un peu plus, mais est-ce vraiment drôle ? Ce n’est pas un pari de la surenchère ?

Dernier petit truc, je trouve que ça manque de romance dans l’air. Encore une fois, je ne sais pas si c’est bien ou pas (la majorité du temps, je trouve ça positif quand même ^^), mais en tout cas, dans une série avec autant de célibataires, je suis surprise de voir à quel point ça ne cherche pas à se caser et reste concentré sur la vie professionnelle ! En bref, même si j’ai l’impression d’être prise pour une bonne poire devant cette série, je continue à la regarder car elle arrive toujours à me surprendre.

Previously on « Children’s Hospital »…

Saison 4, épisode 7. British Hospital. Spoilers !!

Oh my. Je ne m’y attendais pas du tout à cet épisode. Children’s Hospital est une série que je suis depuis deux ans seulement et jamais je ne cherche des scoops dessus (ou me renseigne tout court). De toute façon, je ne suis pas certaines que de nombreux détails filtrent à l’avance… Bref, quand j’ai vu ce dernier épi, je pense que j’ai pleuré de rire. Littéralement. Petit retour sur cette série qui commence à faire son petit bout de chemin. En lisant la trame au début, j’avais pris ça comme une parodie des séries médicales (ce que c’est effectivement) mais à la spoof, comme les films dans le genre de Spartatouille (Meet the Spartans en VO) ou Superhero Movie etc. Or, ces parodies absurdes et vulgaires ne me plaisent vraiment pas. Je n’y vois aucun intérêt et je ne saisis absolument pas l’humour qui est loin d’être un tantinet subtil. Mais en regardant Children’s Hospital, j’ai vu bien plus que ça. Au final, il y a une part de spoof (notamment dans l’aspect absurde), mais le format 12 minutes de live action et les acteurs permettent de réinventer le genre. C’est vraiment dommage que la série soit aussi peu méconnue, elle me fait un peu penser à Portlandia qui ne fait pas vraiment parler d’elle. Donc Children’s Hospital, de quoi ça parle ?

C’est une série (duh!) qui en est à sa 4e saison aujourd’hui, diffusée sur la chaîne Adult Swim actuellement. Le créateur, Rob Corddry (récemment vu dans Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare, Seeking A Friend For The End Of The Wolrd en VO), est un ancien du Daily Show et il joue lui-même l’un des médecins principaux. A la base, il s’agissait d’une websérie dans un format d’environ 6 minutes (si si, avec le générique et tout x’) qui parodiait les grosses séries médicales du moment, à savoir House, Grey’s Anatomy, Scrubs et même Urgences avec des références plus qu’évidentes à certains moments. Les guest-stars réguliers par la suite ont fait le point fort de la série, par exemple Nick Offerman (le mari de Megan Mullaly dont le personnage est le Chief de l’hôpital) ou encore Jon Hamm qui ont rendu plusieurs fois visites aux plateaux. Lors de la saison 2, pour sa transition de websérie à série télévisée, la troupe s’est agrandie de deux comédiens réguliers et a doublé sa longueur pour mieux coller à un format télé.

Si leur petit « previously on Children’s Hospital » est présent dans chaque épisode, ils sont en réalité totalement imaginaires. En fait, il n’y a aucune continuité réelle d’une semaine sur l’autre, et leur rappel n’a jamais existé dans un épisode précédent. Il permet seulement de planter un décor pour ce qui va suivre. Chaque personnage va suivre ses envies, et les épisodes sont distincts les uns des autres sans fil rouge apparent. On pourrait les qualifier de sketchs. Donc en fait, c’est toujours une magistrale surprise en démarrant un nouvel épi. Plusieurs composantes font que la série est un OVNI (dans le sens positif) du paysage télévisuel actuel.

  • La surprise : Je ne pense pas m’avancer en disant que dans chaque épisode de Children’s Hospital, il y a un élément de surprise. Il peut consister en un guest ou tout simplement dans le thème (que ce soit un retour dans les années 70 ou un tournage en noir et blanc etc.). Pour cet épisode de cette semaine, les deux allaient de pair. Tous les éléments étaient réunis pour faire un bon épisode.
  • Les répliques : Les scénaristes sont vraiment malins. Les persos débitent des phrases parfois sans queue ni tête, mais dans un contexte qui fait que c’est drôle. Même la voix off du Chief semble adéquate. Il y a une bonne part d’improvisation également, et ça se sent dans la fluidité des réparties.
  • Le cas médical : Mais où vont-ils les chercher x’D ? C’est de plus en plus improbable et jamais le même, mais c’est toujours intrigant. Dans des dramas sérieux, on se surprend à trouver leur cas médical ennuyeux parfois, voire même ridicule (vous vous rappelez les patients de Off The Map ?!), mais ici, les patients ont beau être atteint de maladies improbables, le ridicule ne les tue pas.
  • La satyre : Il ne faut pas oublier le but originel de la série, se moquer des séries médicales sérieuses. Et franchement, on y retrouve bien le compte, l’exacerbation des clichés est à son comble, que ce soit sur les relations inter-médecins impossibles, ou avec certains patients, ou encore leur façon d’en traiter d’autres…

Leur vrai plus selon moi, c’est qu’ils ne se prennent pas au sérieux. Leur objectif premier est de faire rire, et en voyant le résultat, on peut se dire qu’ils doivent bien s’amuser sur le plateau. Le casting est mouvant, dans le sens où le noyau fixe (à savoir Lake Bell, Erinn Hayes, Ken Marino, Rob Huebel, Malin Akerman, Henry Winkler) peut avoir des absents dans certains épisodes sans que cela dérange la dynamique du groupe. Parfois, on ne sait même pas pourquoi ils ne sont plus là ou au contraire, pourquoi ils sont présents, mais c’est tellement absurde comme situation que c’est peu important. Chacun de ces acteurs dispose d’une fibre comique assez flagrante. Ils connaissent leur boulot et en tirent le meilleur. Aucune timidité ne les empêche de se ridiculiser, et c’est leur naturel qui plait. S’il y avait un cœur à cette série, ils le formeraient ensemble :’). Dans les personnages, je ne saurais même pas dire qui je préfère tellement chacun est illuminé dans son genre. Mais je dois avouer que le docteur Blake (Corddry) et Valerie (Akerman) sont encore plus bizarres et drôles à mes yeux. De plus en plus d’acteurs connus viennent faire un tour sur la série, ce qui prouve encore une fois la qualité du show et ravissent les fans !

Pour finir, ce dernier épisode. British Hospital. J’en ri(z) encore ! Tout l’hôpital a été délocalisé en Grande-Bretagne, tous les personnages se sont vus remplacés par des homologues britanniques (enfin, pas dans les acteurs). L’épisode s’ouvre sur la voix off de Frances Fisher au poste de Headmistress (oui, ils ont vraiment tout anglicisé :’p) au lieu de Mullaly qui annonce le « previously ». Et là, bam. Dominic Monaghan (Lost), suivi d’un médecin-mime à la place du médecin-clown, d’une réplique de Lauren Cohan (The Walking Dead), et le meilleur pour la fin… Jaime Murray (HG, reviens dans Warehouse 13) ! Et voilà les quelques premières secondes de l’épisode. Le burlesque de Children’s Hospital mélangé avec des blagues à l’anglaise (par exemple, forcément, le mime se doit d’être un Français) et ses clichés. Encore un thème bien choisi que voilà !

« You must go on… » [Pilot & Episode 2]

Sur ces deux seuls épisodes.

Synopsis Allociné : Irrévérencieux mais néanmoins charmant commentateur sportif, Ryan King tente de surmonter tant bien que mal sa peine après le décès de son épouse. Son patron l’oblige à intégrer un groupe de soutien. Guère habitué à travailler en équipe, celui-ci, plus troublé que jamais, va devoir se surpasser et sortir de sa zone de confort. Trouvera-t-il une aide inattendue auprès des autres membres de la thérapie de groupe ?

Go On, c’est déjà un titre qui inaugure bien ce qu’on va voir. Une continuité en quelque sorte. Si Mr. Sunshine n’avait pas annoncé le comeback tant espéré de Matthew Perry, peut-être que cette nouvelle sitcom le fera. Ce n’est plus ABC qui est derrière le projet cette fois-ci, mais NBC. Déjà, au niveau des audiences, la série profite du lead-in de The Voice, et a réussi à attirer plus de 9 millions de téléspectateurs pour son deuxième épisode (bon, le premier ne comptait pas vraiment, il avait été diffusé en plein JO…). Pari gagné pour Perry, sa vie de veuf en a intéressé plus d’un. Et je pense que j’ai relativement bien accroché. J’ai toujours trouvé qu’associer un personnage avec un sport rendait une série immédiatement moins attrayante. Donc quelque part, Go On était déjà mal parti… Au début, quand j’ai vu le plot de la série, j’ai soupiré en pensant « Chandler se lance encore dans le sport, ça va faire un flop comme Mr. Sunshine, et ça ne va pas être drôle. » Car bon, Mr. Sunshine avait quand même un cast super sympa (Allison Janney d’A la maison blanche, Andrea Anders de Better off Ted etc.), Go On se récupère quelques visages connus mais pas tant que ça… Puis finalement, j’ai été assez satisfaite.

  • Matthew Perry : Ryan King est commentateur sportif… L’avantage, c’est qu’il n’assiste pas à tous les matchs, ni ne pratique, mais le désavantage, c’est qu’il y a la moitié des références que je ne comprends pas, car elles sont axées sur le sport. Le bon point, c’est qu’il n’est plus aussi caricatural que dans Friends, tout simplement parce qu’il a évolué avec la télé. Mais le hic, c’est qu’on dirait qu’il vient d’une autre époque quand même. Dans ses vêtements, dans ses gestes, dans ses mimiques, dans son humour. Même si son personnage est à des lieues de Chandler Bing, il n’est pas assez loin encore pour le différencier complètement. Et en faisant une pâle copie, jamais il ne pourra égaler son (pseudo) humour. Parfois, je me demande si c’est par sa faute si Studio 60 on Sunset Strip n’a pas marché. Je n’ai pas vu la série, mais il me semble tellement… inadéquat pour un rôle sérieux. Après, je ne doute pas de la qualité de la série en elle-même :’).
  • Laura Benanti : Je dois être l’une des seules personnes à avoir apprécié The Playboy Club (et à mes yeux, la série a été injustement décriée, mais bon…), mais voilà, je l’aimais bien en Carol-Lynne. Et que dire, je l’aimais bien dans Eli Stone également, même si ce n’était qu’un personnage récurrent. Bref, elle est plutôt agréable à regarder sur un écran, elle peut jouer un personnage antipathique comme sympathique, une délurée comme une personne posée. Elle apporte une touche de normalité dans Go On. Enfin, c’est vite dit, car bien que Lauren Schneider soit l’un des protagonistes les plus censés, elle est également celle qui en dit le moins… J’espère que son rôle prendra de l’ampleur par la suite et j’espère également qu’il n’y aura pas une romance rapide avec Ryan (même si l’alchimie est bien là)…
  • John Cho : Un revenant. Mais que fait-il ici ? On a la vague impression qu’il a débarqué au sein du casting sans savoir exactement quoi faire. Franchement, il est assez inutile pour le moment. Le duo comique formé avec Perry n’a pas vraiment de potentiel pour le moment, du coup, ça rend le job de commentateur beaucoup moins intéressant. Peut-être quand la série se concentrera sur cet aspect là, son personnage paraîtra plus drôle, mais c’est pas encore gagné. Son phrasé est toujours inhabituel et il joue toujours avec ses expressions faciales (et ces pauses malvenues en plein milieu de ses répliques), mais il manque complètement d’humour.
  • Allison Miller : Pfff. Mais elle. Ohlala. Comme si elle n’en avait pas assez fait en jouant à presque 30 ans, une ado lisse (de… je ne sais pas, 16 ans ?) dans Terra Nova, où elle ne possédait pas une once de crédibilité, le public a droit cette fois-ci à sa version adulte, Carrie, l’assistante qui veut bien faire et qui est un un peu nunuche. Au moins elle se retrouve majeure avec le droit de consommer de l’alcool après le boulot, mais son jeu reste faux comme son nez *sort*.
  • Le reste de la bande du groupe de soutien : Ils ont des emmerdes, ils ne sont pas particulièrement bâtis avec des airs de mannequins, ils sont influençables et font bêtise sur bêtise… Chacun a sa particularité et je trouve ça attachant. Je suppose qu’au fur et à mesure, chacun va se retrouver au devant de la scène. Dans l’épisode 2, c’était Sonia (Sarah Baker actuellement dans Moi, député), le prochain, certainement quelqu’un d’autre etc. Ils se compensent entre eux et se partagent équitablement les lumières pour le moment, donc il n’y a pas encore de lourdeur à ce niveau là. Toutefois, certains sortent déjà du lot à mes yeux, Annie (Julie White) par exemple, avec sa psychorigidité, elle a su (même avec peu de répliques) de par sa présence en imposer, ou encore Owen (Tyler James Williams), le petit avec l’histoire triste et émouvante qui semble être le gentil du groupe. La diversité est vraiment un critère clé de la réussite. Il faut que la dynamique du groupe fonctionne, et quand la machine commencera à être bien huilée, le spectateur trouvera son compte et s’attachera encore plus à ces petits marginaux. Je reste curieuse pour la suite, comment le groupe changera, avec des nouveaux ou si certains « guériront ».

En soi, il s’agit encore d’une comédie qui se veut cynique vu le fondement : le décès de sa femme. Le souci, c’est que pour le moment on n’a le droit qu’à un style de comique de la part de Perry, le second degré saupoudré d’humour noir. Pour garder la face, il fuit ses problèmes (ah, les mécanismes de défense !), mais au fond, on le sait, il s’agit juste d’un pauvre homme qui a perdu un être cher et qui a besoin d’être réconforté. Il n’y a pas de rires préenregistrés, bien que parfois, il aurait fallu expliquer quand rire… Il faut avouer que de nos jours, le cynisme est très apprécié. Ce trait de caractère semble donner de la spiritualité au personnage. J’ignore si c’est mon antipathie envers Perry qui parle (et même son passage express dans The Good Wife ne saurait me faire l’apprécier même si j’avoue qu’il était plutôt bon dedans) ou mon indifférence face à Chandler Bing, mais quoi qu’il en soit, j’ai l’impression de me retrouver devant un personnage has-been quand je vois Ryan. Mais c’est totalement différent quand c’est son cercle qui apparait. J’ai bien souri et même ri une fois quand les membres du groupe de soutien sont ensemble. Il y a une vraie complicité qui fait plaisir à voir. Et puis c’est bien qu’il n’y ait pas de blagues graveleuses et que l’humour soit plutôt soft.

Au final, un leader un peu faiblard, secouru par des personnages secondaires plus efficaces (en même temps, depuis quand les héros sont les plus intéressants d’une série ‘-‘ ?). La séparation nette entre groupe de soutien et boulot est nécessaire et logique, mais ne passe pas très bien à l’écran. Du coup, on se retrouve avec deux premiers épisodes assez déséquilibrés. J’ai trouvé le pilot un peu facile encore une fois, mais l’introduction des membres du groupe était assez comique. Puis la série reste sympathique à regarder avec de bons sentiments, un petit moment de divertissement sans grandes étincelles. Pour le moment, 13 épisodes ont été commandés, mais une saison complète arrivera certainement. Enfin bref, on verra bien par la suite :’). La série est diffusée sur NBC tous les mardis soirs après The Voice.

(P.S : parlant de NBC, Parks and Recreation reprend dans trois jours :’D !)

« In the army now… ooh, ohhh. » – Dernière saison ? [Edit 21.09.12]

C'est un retour global de la saison 6, il y a donc des spoilers :'D.

Commençons par le négatif. C’était du GRAND n’importe quoi cette saison. Ohlala les différentes storylines, les incohérences. Du délire total. Trop de drame tue le drame. On se serait cru dans un soap plutôt qu’une série tranquillou de Lifetime. Au lieu de tout ça, ils auraient dû se concentrer dans les relations inter-personnages, et non pas leur créer des histoires sans queue ni tête juste pour avoir des rebondissements même pas originaux. Pour vous donner une idée :

  • Une tentative d’assassinat : bon, d’accord, le moment était peut-être opportun et il n’y avait pas encore eu d’assassinat auparavant, mais une mission non-préparée qui se résout en trois minutes ! Franchement ?! (et quand ton mari se fait tirer dessus, tu te ramènes pas ? Bon okay, il y avait d’autres raisons, mais quand même…)
  • Une énième bombe : celle de la saison 1 et de la saison je-ne-sais-plus-combien n’ont pas suffi, à Fort Marshall, il y a des bombes en permanence car ils n’ont pas renforcé leur système de sécurité.
  • Une prise d’otage : parce que comme tout le monde, quand on va dans un coin reculé près du bord de mer, on rencontre des psychopathes qui veulent nous violer et nous tuer. Et bien sûr, comme ce sont des héroïnes, elles arrivent à deux, à tout régler et à appeler la police dix ans après.
  • Un saut temporel totalement inexpliqué : magie, magie ! Tout d’un coup, il s’est passé presque six mois, et le laps de temps écoulé reste sous silence. Que s’est-il passé ? On ne saura jamais. Mais bon, la vie continue comme si de rien n’était.
  • Un suicide : qui se règle en un épisode et demi soit dit en passant. Et bien sûr, c’est la minorité ethnique qui se fait exclure. La honte est trop grande, il faut en finir, et vite.
  • Un problème d’addiction : car le surmenage c’est pas bien, il faut savoir se maîtriser et pas trop prendre de médocs. Attention à la dépression, hein. Une femme esseulée, qui subit trop de pression de la part des autres, ben forcément, il ne lui reste plus que l’alcool et les médicaments.
  • Un couple infidèle : ohoh, même dans l’armée il y a de l’infidélité :’O ! Car Denise et Roland ne suffisent pas, il faut que les nouveaux arrivants connaissent le cocufiage. Là où l’armée passe, les couples trépassent.
  • Un couple lesbien : on est dans l’armée, il faut rester à la page de l’actualité et parler de Don’t ask, don’t tell, mais avec un couple de femmes, car ça passe mieux à la télé que des hommes.
  • Une paternité sortie de nulle part : c’est super coolie d’adopter, tout le monde est heureux, mais non, le père biologique doit se ramener d’on ne sait où…
  • Une catastrophe : quel cliffhanger ! Qui va mourir ?! En plus, il faut que ce soit un accident en groupe (oui, un crash, sauf que contrairement à Grey’s Anatomy, ils ne sont pas dans un petit avion mais un beau grand charter) pour garder le suspens… Il ne faut pas oublier qu’il y a au moins un mort par saison dans les personnages secondaires.

Beaucoup, beaucoup de gimmicks condensés dans cette saison de 23 épisodes. En fait, j’ai eu l’impression de voir tout ce qu’ils ont fait dans les saisons précédentes pour les mettre en une saison. D’ailleurs, j’en profite pour préciser qu’il n’y a pas eu de renouvellement décidé, et vu la fin du season finale, on peut bien s’attendre à ce que ce soit la fin de la série (mais j’y reviendrai plus tard).

Parlons des personnages, car c’est ce qui fait tenir la série vu combien ils sont attachants. Du sang frais dans cette saison et des départs. Je pense parler pour tout le monde en disant que la venue de Kelli Williams (Lie To Me) en Jackie Clark a été très appréciée. Son couple fictif avec Robert John Burke (Général Kevin Clark) a mis un peu de dureté dans cette série de Bisounours. Ça aussi permis de reparler des problèmes d’ados car les premiers avaient un peu grandi. Ensuite, la bonne surprise est venue d’Alyssa Diaz (The Nine Lives of Chloe King). Cette dernière était censée jouer la nouvelle Roxy (Sally Pressman), et cela peut sembler cliché, mais avec son sang chaud d’hispanique, elle a très rapidement intégré son personnage de Gloria qui a su séduire le public, et l’élève a même surpassé le maître. Une vraie bouffée d’air, comme dirait Roland. Du côté de Charlie (Ryan Michelle Bathe) et de Nicole (Kellie Martin), elles ont eu une storyline qui a beaucoup évolué en deuxième partie de saison… pour le meilleur et pour le pire. Car si au début Charlie semblait prometteuse, elle devient très redondante par la suite. Et Nicole est un peu là pour la décoration. La décision d’injecter du sang frais était normale, et s’il y avait eu plus de temps et moins de courses dans tous les sens, le résultat aurait pu être intéressant. En résumé, les personnages ont été gâchés…

Après, dans les départs, le personnage de Kim Delaney qui ne devait être absente qu’une partie de la saison (mais au final, elle a même pas du faire un quart) a vraiment manqué. Jackie n’a pas remplacé Claudia Joy. Le prétexte de son absence sera mis sous silence (ah non, elle est partie chez sa mère pour recouvrir de son opération, ben oui, car Denise lui a donné un rein x’) car il faut avouer que ce n’est pas toujours évident d’expliquer l’absence d’un acteur principal. D’après les rumeurs, la cause de son désengagement serait due à une cure de désintoxication (Kim Delaney avait déjà été virée des Experts : Miami à cause de son addiction), bien qu’officiellement elle avait un film à tourner entre temps… La dynamique de Denise et de la femme du général Holden était tout de même particulière, et cette complicité manque relativement à l’écran. De même, sans Pamela (Brigid Brannagh), le personnage de Roxy a perdu de son intérêt et de son potentiel comique. Elle passe la majorité de son temps à se plaindre de Trevor (Drew Fuller) qui a des opinions divergentes sur leur futur. C’est là le cœur du problème… Army Wives ne savait plus trop sur quel pied danser. Denise (Catherine Bell) par exemple, vivotait par ci et par là, sans vraiment d’attaches. Un moment elle aide Jackie, un autre Charlie, sans avoir vraiment d’histoire propre. Du coup, les scénaristes ont voulu combler avec des histoires farfelues qui n’ont pas vraiment fait mouche.

La boucle est bouclée avec le dernier épisode. Army Wives a commencé avec l’arrivée de Roxy à Fort Marshall, elle se termine sur son départ pour Tacoma. Il me semblerait logique que cette saison soit la dernière même si l’annonce officielle n’a pas encore été diffusée. En tout cas, la dernière scène a bien sûr servi de séquence émotion, avec la petite musique doucereuse et les flashbacks des saisons passées. J’ai tiré ma petite larme, je l’avoue, car ces héroïnes (et Roland) auront quand même traversé beaucoup d’épreuves, et la bonne morale de l’histoire comme quoi l’amitié triomphe toujours est toujours agréable à garder à l’esprit. Avec un visionnage tout récent, je dirais que la saison 6 n’a clairement pas été à la hauteur des saisons précédentes, mais que la série en elle-même était sympathique à regarder, malgré la morale américaine permanente. Mais que voulez-vous, c’est une histoire sur l’armée, il faut bien que le pays donne une belle image de ses protecteurs ! God bless America!

 

Edit : La chaîne Lifetime vient d’annoncer officiellement le renouvellement d’Army Wives pour une saison 7 ! Reste à voir qui restera, qui part et comment tout cela va se goupiller…

« I don’t guess, I observe. »

Avant de commencer, je voudrais préciser qu'il est possible qu'il y ait des SPOILERS, même si ce sont plutôt des détails qui n'ont de sens que lorsqu'on a vu l'épisode x'D.

Elementary a été incroyablement décriée à sa création sous prétexte que Sherlock faisait un tabac, alors forcément les Américains devaient en faire une sous-copie. Ce qui semblait le plus choquer les gens, c’était d’introduire un Sherlock Holmes à New York et d’engager un Watson féminin, plus que tout autre chose. En même temps, ces deux choix représentaient un peu les seuls risques, et par conséquent les seules originalités du projet. Situé à notre époque, le créateur (Robert Doherty) a eu au moins la délicatesse de désigner un acteur anglais (Jonny Lee Miller) pour jouer le rôle du très excentrique Holmes, une chose qu’ils ont respecté. En plus, les dénigrements de Cumberbatch (aka Cumby pour les intimes, mais je n’ai pas atteint ce seuil là) n’ont pas vraiment aidé. De toute façon, c’était un bon coup marketing, puisque dans la vraie vie les deux Sherlock sont réputés pour être amis. Personnellement, j’étais plus curieuse qu’autre chose, et surtout très ravie que Lucy Liu retrouve du boulot à la télé, car jamais une juge n’a été à la hauteur de Ling et de sa robe violette (Ally McBeal). Mais perso, dans les bouquins, j’ai toujours été plus Arsène Lupin que Sherlock Holmes étrangement. J’aimais bien l’aspect hors-la-loi d’Arsène Lupin je suppose x’D. Ce serait un bon projet télévisuel un jour… Mais pas par des Français, après le massacre du film, le sang a assez coulé.

C’est donc le pilot d’Elementary… et d’une longue série à mon humble avis (d’ailleurs, pas de team qui la subbe :’O ?). Le côté cop show en duo marche du tonnerre en ce moment (chose plus qu’incompréhensible à mes yeux, que les séries à épisodes clôturés et répétitifs marchent autant, et je dis ça alors que j’adore Castle, hein, mais c’est la seule), et ce n’est pas un hasard si sur IMDb, ma suggestion du « les gens qui ont aimé… » pour Elementary était Castle… Et en l’occurrence, vu que c’est diffusé sur CBS, on peut certainement voir la série comme le nouveau The Mentalist. Avec un meilleur casting, no offence.

Très scolaire comme pilot en fait. Ils expliquent tout, mais alors tout, au spectateur qui pourrait être considéré comme un idiot :’). C’est archi ringard le coup du flash lié à l’affaire sur laquelle ils vont enquêter en début d’épisode. Holmes dégaine ses conclusions, ses arguments, sa logique, comme si tout coulait de source avec l’arrogance propre à son patronyme. Bref, le raisonnement à l’envers de Sir Arthur Conan Doyle semble porter ses fruits puisque de plus en plus de personnages le pratiquent… Ils en oublient les questions que le téléspectateur a déjà les réponses. Devant ses exposés, s’ouvrent deux voies. Soit on est inondé d’infos et on s’y noie saoulé, soit on s’y abreuve et on poursuit. J’ai choisi d’emprunter la seconde… Il y a une nervosité chez Jonny Lee Miller qui est simplement fascinante. Déjà dans Eli Stone (R.I.P.), je pense qu’il n’avait aucun mal à se la jouer perturbé. Et du coup, ses tics (il est un peu rigide dans son comportement) sont totalement à son avantage pour jouer un homme désabusé, ingénieux, drogué, sociopathe, et observateur de la nature humaine. Insensible, c’est tout lui, un faux scientifique qui suit un raisonnement de sciences dures mais en se fondant sur l’étude comportementale. Il ne faut pas non plus oublier sa nature de détective. Au fond, ces nouveaux Holmes (je dis nouveau dans le sens pré-années 2000) sont moins élégants, plus dépravés que le Sherlock Holmes original. La fine ligne de la morale ne s’inscrit plus uniquement dans la prise de drogue ou les méthodes discutables, elle est également tracée dans la nature même du personnage. Est-il un défenseur de la vérité ? De la justice ? On sent une petite touche américaine à vouloir faire le bien malgré tout… en adoucissant son côté mégalo.

Toutefois, s’il y a une chose qui semble faire l’unanimité dans Elementary, c’est le personnage de Joan Watson interprété par Lucy Liu. Et je comprends bien pourquoi après ce visionnage. Ce choix artistique était franchement osé, mais diablement intéressant. Je veux dire, Watson a toujours été populaire, même dans les romans, car c’était la tête posée qui équilibrait le génie, l’être normal qui venait soutenir la star, il a atteint des sommets avec Robert Sean Leonard (House), Jude Law (Sherlock Holmes) et plus récemment Martin Freeman (Sherlock). La bromance est exacerbée au maximum, et dans le cas d’Elementary, ils vont certainement plus que jouer sur la tension sexuelle latente (future ?) des deux protagonistes principaux. Mais non seulement Watson a du cœur et du tact, elle représente également la femme forte (il en faut pour attirer divers publics). Forte tant en caractère qu’en intelligence, et donc elle semble être la seule capable de mater le petit Holmes ^^. J’aime bien Lucy Liu car elle n’a pas toujours le rôle cliché de l’Asiatique. C’est vrai, elle a joué dans Kill Bill et dans Charlie’s Angel où elle pratiquait des arts martiaux, mais elle a souvent d’autre genre de rôles (qui ne sont pas des persos particulièrement doués en combat rapproché ou absolument brillants en mathématiques) qui aurait très bien convenu à un caucasien. Et en même temps, elle apporte une stabilité dans la série, sans sautes d’humeur. On est bien loin de Ling !

Au final, s’il y a une chose qui me gêne vraiment dans la série, c’est la facilité. La facilité dont le héros bénéficie dans ses rapports avec la police. La facilité qui semble marquer toutes les séries procedural parce qu’ils résolvent une affaire (de meurtre huhu) en une semaine. Je comprends que les gens ne regardent pas forcément leur épisode hebdomadaire régulièrement, ils ont le droit de regarder la télé ponctuellement et donc il faut des épisodes clôturés, mais quand même, juste pour un fil narrateur plus intéressant, n’hésitez pas à faire des double-épisodes parfois ! Mais dans l’ensemble, ça me plaît assez, la dynamique des persos est intéressante, plus que les affaires qu’ils vont résoudre.

Les petits plus : Les petits gadgets de l’apprenti détective, avec un Holmes qui a un iPhone 4S couplé d’un zoom photo x’D. Le bar aussi, il est super chouette, la violoniste m’a fait penser à Annie de Treme.

Les petits bémols : Lestrade :'(. Mais où est-il ? Parce que bon, le capitaine fait pâle figure. Et la touche d’humour tentée par l’inspecteur, c’est pas encore ça. Et tout le laïus sur le passé de Watson et sa réaction prévisible à propos de Holmes était un peu lourd.