The Post VS Three Billboards Outside Ebbing, Missouri (Oscars match)

Tiens, j’ai eu l’impression cette année que les films nommés aux Oscars sont sortis pour une fois avant la cérémonie en elle-même. Du moins, il y a de vagues efforts dans ce sens. Je commence par les deux films qui réunissent peut-être les noms les plus connus devant la caméra.

The Post

7/10 : un film prévisible soutenu par de brillants acteurs.

Ben… c’était bien. Mais sans plus ? Je trouve ça étrange de sortir d’un film qui réunit les plus grands noms du cinéma avec juste une satisfaction moyenne. Le sujet dans The Post est important, retour sous l’ère Nixon, en pleine guerre du Vietnam début des années 70. À l’époque, le Washington Post a à sa tête une directrice de publication, rôle qui doit assumer toutes les responsabilités quand l’un de tes rédacteurs commet un délit & autres. Mais voilà, on entre dans le domaine du complot quand le public américain découvre que le gouvernement lui a menti pendant des années sur la situation de la guerre. Non, les États-Unis n’avaient aucune chance de la remporter, et pour ne pas perdre la face, le pays a continué à envoyer des soldats au front… C’est là que les journaux décident de frapper, par devoir de la vérité, voilà que le Post est sur le point de publier des dossiers confidentiels. Carrières en péril, possibilités d’atterrir en prison, qui saura prendre la bonne décision ?

J’ai plusieurs soucis avec la narration du film qui manque clairement de tension à mes yeux. Et même d’enjeux en fait, car ça fait passer la décision d’une seule femme comme moment-clé de l’histoire alors que la solidarité entre journaux aurait mérité un moment avec plus de gravité.

Tout ça pour dire que malgré les performances sans fioritures de Meryl Streep (qui joue beaucoup sa Meryl Streep, non ?) et de Tom Hanks, je ne me suis pas sentie engagée dans l’histoire alors que la liberté d’expression devrait être une cause unificatrice. Après, oui, le sujet arrive à point nommé dans la société américaine où le président n’est clairement pas des plus transparents ou des plus honnêtes ou coopératif avec les journalistes (ô doux euphémismes), mais c’est encore pire du coup ! Car Steven Spielberg avait toutes les cartes en main pour réaliser un film percutant qui trouve résonance aujourd’hui et pas juste académique en offrant une scène à des comédiens talentueux. Ma déception n’en est que plus grande… (bon, y a plus qu’à attendre Ready Player One, hein x’)

Dans le genre, le déroulement de l’enquête dans Spotlight happait bien plus le spectateur et toute la tension était largement plus palpable que dans The Post. Et puis l’ensemble ne marche pas du tout, dans toutes les scènes où les journalistes bossent ensemble, y a aucune cohésion j’ai trouvé (also, embaucher Carrie Coon pour dire trois phrases, non merci, et la scène finale était carrément cheloue). Alors que dans Spotlight encore une fois, oui, il y avait un leader, mais chacun avait son rôle à jouer. Là, ça retombe à plat.

(P.S. : seul moment de véritable joie, quand Jessie Mueller apparaît trois minutes haha.)

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

8,5/10 : un scénario original sur lequel on ne parie pas d’avance.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé avec ce film, mais j’ai eu l’impression d’en entendre parler du jour au lendemain. Un jour son nom était murmuré et le lendemain, il était nommé aux Golden Globes et tout le monde ne parlait plus que de sa position de favori. J’en profite pour dire que la traduction « Les panneaux de la vengeance » me paraît assez à côté de la plaque car en entendant le titre, on pourrait croire à un slasher x’D. Dieu sait où se trouve Ebbing, Missouri, mais visiblement, la police n’a pas fait son boulot quand la fille de Mildred Hayes a été retrouvée morte après avoir été violée. La mère décide de louer trois panneaux d’affichage en prenant à témoin le chef de la police. Dans la petite ville où tout le monde se connait, le quotidien va être chamboulé…

Avant d’aller le voir, j’avais cru comprendre qu’on avait un excellent film décalé à la frères Coen. Après l’avoir vu, je suis relativement d’accord, les dialogues et le style se rapprochent énormément des premiers Coen mais moins d’absurdité quand même. Donc c’est plus réaliste presque. J’étais pas une grande fan de 7 psychopathes, mais j’avais vraiment apprécié Bons baisers de Bruges, et même si on n’aime pas son style, il faut reconnaître que Martin McDonagh sait se démarquer. Et franchement, belle évolution pour le scénariste réalisateur, où un peu moins de dix ans après son premier long-métrage, le voilà avec un film aux Oscars.

De l’humour noir, sans aucun doute, 3BOEM (on va le raccourcir comme ça) en regorge. En revanche, la polémique autour du racisme sous-latent du film, je ne sais pas trop quoi en penser. C’est vrai que les personnages noirs sont secondaires et qu’ils servent à montrer la rédemption du flic raciste, mais est-ce que c’est un traitement trop léger ? En même temps, ce n’était pas le sujet principal du film, mais alors pourquoi l’aborder dans ce cas-là ? J’en sais rien haha.

Après, j’ai vraiment trouvé qu’il n’y avait pas de mou dans l’histoire, et qu’il y avait du jamais vu. Il faut dire que le cast a toujours l’air bourré même quand il remporte les récompenses aux cérémonies donc rien que pour voir leurs discours je suis prête à parier sur le film x’D.

Bref, mon pronostic de victoire de toute façon tend à aller vers 3BOEM pour le meilleur film…

(P.P.S. : je n’ai pas encore vu Lady Bird, mais évidemment j’espère au fond qu’il va remporter toutes les catégories dans lesquelles il est nommé haha. Même si je dois avouer que la présence de Get Out me fait plaisir.)

Seule la terre, encore plus fort qu’un simple Brokeback Mountain en Angleterre

8/10 : le silence vaut mille mots. Et parfois, la coquille qu’on se construit peut commencer à se fissurer grâce à des émotions…

Une remarque qui m’a traversé l’esprit lors d’une scène du film : « Quand même, au niveau de l’hygiène, ils risquent rien avec de la terre partout comme ça ? »

Cette année dans le circuit indépendant du cinéma britannique, deux films ont énormément fait parler d’eux. Lady Macbeth d’une part (un period drama à la réalisation très académique mais qui donne une puissance à la mise en scène), et d’autre part God’s Own Country aka Seule la terre. Celui-là est sorti en salles la semaine dernière en France, et comme j’avais raté sa sortie UK, j’en ai profité pour aller le voir de passage à Paris. Bref, 3615mylife.

Zéro regret, absolument aucun.

Johnny (Josh O’Connor) représente le mec qui a fini le lycée et qui doit reprendre la ferme familiale, après que l’AVC de son père (Ian Hart ou le professeur Qui-quirell de Harry Potter hihi) l’a rendu dans l’incapacité de la gérer. La grand-mère (Gemma Jones) habite avec eux et s’occupe des tâches ménagères. Le jeune homme se sent prisonnier de sa vie, tous les jours les bêtes, le champ, la clôture, la vente, le coup d’un jour, et les soirs une tournée au bar pour se bourrer la gueule jusqu’à vomir ses tripes le lendemain. C’est là que sa salvation débarque en la forme de Gheorghe (Alec Secareanu), un Roumain qui a perdu sa ferme, qui vient aider pour l’agnelage.

Déjà, aucune idée de ce qu’était l’agnelage en bonne citadine que je suis, mais à part ça, y a pas mal de bons points à retenir de Seule la terre (outre la réalisation de Francis Lee qui signe son premier long-métrage ici) :

  • ça se passe aujourd’hui et ça montre un pan de la société presque invisible, ces fermiers du centre de l’Angleterre. On connait ce monde avec les romans de Thomas Hardy, des sœurs Brontë et leurs adaptations, mais de nos jours, peu ;
  • la vie rurale présentée différemment avec des paysages magnifiques, et c’est une véritable source d’inspiration en ce moment pour les Anglais ;
  • le petit nombre de personnages qui permet vraiment à chacun de se développer, et au spectateur de poser son œil partout ;
  • l’homosexualité n’est jamais un problème en soi, il ne symbolise pas un tabou ou autre ;
  • les agneaux qui forment un bon point à eux tous seuls (et vas-y, le coup du dépeçage et tout, je connaissais pas !)

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Tout au long du film, il y a un mystère qui plane autour de Gheorghe que je serais bien incapable, même après avoir vu le film, de résoudre. Exemple : que met-il dans ses nouilles instantanées ?! Est-ce la poudre aromatique d’accompagnement ? Eh bien sachez qu’il faut mettre la poudre avant l’eau, pas après, mon Dieu !

Là où 120 battements par minute pulsait avec ses scènes dans des clubs et leurs cris militants, Seule la terre avance lentement, dans son monde à part, quelque part où la relation entre Johnny et Gheorghe se construit avec beaucoup de réalisme et de tendresse, ils se découvrent l’un et l’autre. Mais de la même manière, les deux films phares de l’année à thématique LGBT sont très forts et très bruts, ils n’ont pas peur de montrer les choses telles qu’elles sont, et le public les remercie pour ça.

J’ai lu des critiques qui comparait le film à Brokeback Mountain, mais honnêtement, à part le côté vie rurale et Tom à la ferme, les deux n’ont RIEN à voir. Dans leurs vies, dans leurs comportements, dans les dialogues et les plans, strictement aucune similarité.

Voici une belle histoire de vie d’un jeune homme qui s’est un peu perdu en cours de route et qui trouve de l’espoir dans l’arrivée d’un étranger dont il tombe amoureux. Ça peut sembler banal dit comme ça, et pourtant Seule la terre est tout sauf banal.

(P.S. : je voulais juste dire au passage tant qu’on est dans le sujet des films LGBT, que Battle of the Sexes m’avait déçue… j’aurais dû adorer ce film, et finalement j’en suis ressortie qu’avec une appréciation modérée… la raison principale étant que je trouve Emma Stone mal castée pour le rôle, voilà)

Film Stars Don’t Die in Liverpool, mais elles y resplendissent !

8,5/10 : un drame britannique indépendant comme on les aime, avec ce je-ne-sais-quoi indescriptible qui charme le spectateur tellement ça respire l’authenticité et l’amour.

Quand je pense à mon top ciné de l’année, 20th Century Women arrive en très bonne position, et c’est avec une joie non dissimulée que je regarde chaque film avec Annette Bening.

J’ai découvert Film Stars Don’t Die in Liverpool avec des affiches dans le métro londonien et j’étais assez surprise car je n’avais pas du tout entendu parler de cette sortie ni d’Ève ni d’Adam. L’affiche est chouette, le titre est super catchy et bon, Annette Bening (je veux dire, elle est mariée à Warren Beatty quoi, elle était faite pour ce rôle !), Jamie ET Julie Walters (réunion Billy Elliot haha), c’est suffisant pour me convaincre de le choisir comme film de la semaine.

La carrière de Gloria Grahame tire sur sa fin en 1981 alors que l’ancienne star approche des 60 ans. Elle était un visage mémorable des films en noir et blanc durant l’âge d’or hollywoodien, mais depuis que l’industrie se regarde en couleurs, elle ne trouve plus grand-chose sauf des rôles dans des théâtres anglais miteux. Véritable ingénue malgré son âge (eh oui, la peur de la vieillesse est bien là), elle rencontre à Londres son voisin, un jeune Peter Turner de 25 ans.

Basées sur les mémoires de Peter Turner au titre éponyme, les dernières années de Gloria Grahame se révèlent extravagantes et passionnées à l’image de la femme elle-même. Car oui, Gloria Grahame a vraiment existé, et c’est bien elle qu’on voit dans les extraits de ces films dans Films Stars Don’t Die in Liverpool. On voyage de Londres à la côte ouest des États-Unis, on s’attarde bien sûr à Liverpool mais aussi à New York, et les couleurs sont magnifiques.

Je ne sais pas si c’est parce que je suis entourée de Britanniques en ce moment ou si c’est parce que le film se passe à Liverpool, mais y a clairement une sensibilité purement brit dans ce tout joli long-métrage. Des effets de caméra qui rythment bien l’histoire et qui donnent un style affirmé. Par exemple, dans la scène d’ouverture, y avait une tâche sur la lentille de la caméra. Vraiment, ça créait un flare parfois, mais c’était grosso modo juste une tâche en plein milieu qui salissait l’écran. Et là, je me suis dit « la vache, ils avaient vraiment un petit budget » (oui, ça me travaille beaucoup le rapport budget/résultat en ce moment), sauf que c’est revenu à plusieurs reprises, et parfois on voyait carrément un reflet dans la lentille comme si c’était une mise en abyme des persos. D’autres fois, des séquences un peu fantastiques servaient de transitions entre la ligne temporelle du présent et celle du passé, et pareil, super méthode. Le tout rendait vachement bien !

Paul McGuigan n’a pourtant pas réalisé grand-chose d’inoubliable, Docteur Frankenstein récemment, à la rigueur Rencontre à Wicker Park (qui marque l’un des meilleurs rôles de Josh Hartnett de toute sa carrière x’) il y a presque 15 ans, et plusieurs épisodes de Sherlock qui ont dû l’amener à trouver sa signature.

Bref, en plus de la mise en scène, un charme indéniable se dégage de tous les personnages, que ce soit cette « vieille folle en crise existentielle » ou alors ce jeune acteur wannabe très proche de sa mère qui n’a pas sa langue dans la poche. Bien sûr, l’histoire ne se contente pas de raconter la relation improbable entre une actrice en fin de carrière opposée à un nouveau venu, non, ça va plus loin et explore l’idée de profiter de la vie et le sens de l’amour.

Annette Bening est parfaite, tant d’émotions, de fragilité, de classe et de peur dans sa performance. Souvent, en regardant des films avec des acteurs aux longues carrières, je me demande ce que ça leur fait de se voir 10, 20, 30 ans plus jeunes. Je crois que c’est la première fois que je me suis dit en voyant Bening que vieillir n’était peut-être pas si effrayant que ça (même si c’est juste FLIPPANT), alors merci. Et Jamie Bell était très dans la réserve, ça le change, très à l’écoute de l’autre. Il en a fait du chemin depuis le petit Billy Elliot qui cachait mal sa colère ou encore à son violent Abraham de la série TURN à ce rôle de Peter Turner tout vulnérable.

Voilà, c’est un film qui vaut le coup pour tous les amoureux des films en noir et blanc car c’est une belle ode au genre, mais aussi pour ceux qui ne jurent que par les drames britanniques of course.

(P.S. : tout ça c’est bien beau, mais j’ai toujours pas vu Paddington 2 ni La bataille des sexes encore !)

Professor Marston and the Wonder Women ou l’histoire fascinante derrière le créateur de la super-héroïne

8/10 : une histoire insoupçonnée qui montre bien que les mœurs étaient plus légères à l’époque x’D. Also, Rebecca Hall.

« They have the power within themselves to create their own destiny. »

Franchement, je n’avais pas entendu parler de Professor Marston and the Wonder Women avant le mois dernier. Un teaser était sorti lors de la Comic Con cet été, car même si on est complètement dans le period drama/biopic, le sujet tourne quand même autour du père de Wonder Woman. Ben quel homme ! Il n’avait pas peur de la promiscuité.

Il s’avère que le créateur de la demi-déesse était un professeur de psychologie diplômé d’Harvard qui collaborait étroitement avec sa femme (qui l’a aidé à inventer le polygraphe aka le détecteur de mensonge) et leur maîtresse qui ont servi d’inspiration à Wonder Woman. Et j’emploie le terme « maîtresse » juste parce que les deux premiers étaient unis par les liens du mariage, mais les trois formaient bien un trouple.

J’avoue, je ne me suis pas trop posée de questions sur les créateurs des super-héros de comics car c’est pas mon dada tout simplement, mais les films en costumes le sont, surtout avec Luke Evans et Rebecca Hall. Puis faut dire que le Wonder Woman de DC sorti cet été était plutôt chouette, alors d’une pierre deux coups.

La liste serait longue pour dire tout ce que je ne savais pas sur Wonder Woman, qu’il y avait autant de bondage et d’homosexualité dans les premiers comics (destinés à des enfants), qu’on lui a retiré ses pouvoirs (et le sexe accessoirement) dans les années 70, puis que seuls ses pouvoirs lui ont été restitués par la suite. Déjà, rien que pour en savoir plus sur la genèse de la princesse amazone, Professor Marston vaut le coup.

Quant à l’homme lui-même (Luke Evans), le créateur de l’héroïne de comics est fascinant surtout grâce aux deux femmes qui l’entourent. Sa femme, Elizabeth Holloway (Rebecca Hall) et leur partenaire, Olive Byrne (Bella Heathcote), représentent des versions de Wonder Woman. L’identité secrète qui cache une femme forte, la beauté physique qui cache une innocence. En gros, William Marston se sert des comics comme medium pour transmettre ses valeurs féministes, mais aussi sur ses théories comportementales : DISC (dominance, influence, stabilité, conformité). Très intéressantes également, qui me paraissent plutôt logiques et facilement applicables concrètement, mais c’est une autre histoire.

Gros coup de cœur pour Rebecca Hall qui semble libérée presque insouciante. Je savais déjà que c’était une excellente actrice, mais je trouve que ses rôles n’ont jamais été à la hauteur de son talent. Elizabeth s’assume mais en même temps a peur du regard des autres, et irradie d’humanité (et ses yeux pétillent, c’est important ça x’D). Elle m’a donné le smile tout le long du film. Bref, magnifique, brillante, tous les compliments que son perso reçoit dans le film s’appliquent complètement.

Je pense que Professor Marston aurait pu tomber dans le vulgaire facilement (ou « trop de sexe », et honnêtement, c’est pas ce qu’on attend devant un period drama avec des acteurs anglais) si la réalisatrice Angela Robinson (elle a réalisé DEBS haha) ne maîtrisait pas autant l’atmosphère. Oui, c’est franchement sensuel voire sexuel, mais jamais trop. Elle réussit facilement à faire monter la tension dans une scène notamment de bondage, là où disons-le, 50 Shades of Grey se rate grandement. Y a beaucoup de sensibilité dans la manière de filmer, et du coup, ça touche forcément le public.

Quand j’y pense, ma connaissance en polyamour commence avec la théorie et s’arrête avec la série You, Me, Her *oups*. Donc sur ce point-là aussi, j’étais un peu ignare. Je trouve le concept intéressant, mais c’est déjà difficile de trouver l’équilibre dans un couple, alors je n’ose imaginer en y ajoutant une nouvelle inconnue dans l’équation. Mais j’ai rarement vu autant de respect dans une relation (amoureuse ou autre) que celle dépeinte dans ce film. Au final, y a pas de soumis ou de dominant, mais tout le monde l’est plus ou moins et c’est ce qui rend leur équilibre parfait.

En fait, je savais que j’allais aimer ce film, mais pas autant (j’ai vu Breathe récemment avec Andrew Garfield, Claire Foy et un tas de Brits, et c’était décevant par exemple…) et c’était vraiment une bonne surprise. Je pensais que ce serait un bon moment de culture et d’Anglais en costumes et une jolie romance, mais c’est plus fort que ça, c’est une histoire d’acceptation, d’amour inconditionnel et de foi.

(P.S. : Je crois que je vais vraiment mater tous les drames britanniques qu’on verra jamais en France x’).

« Le Crime de l’Orient-Express » ne tourne pas très bien

6/10 : car je peux quand même pas donner moins pour un cast pareil.

Quand on s’attaque à Hercule Poirot dans l’un des plus grands succès d’Agatha Christie, c’est difficile de vraiment se défaire de ses aprioris. Des adaptations du Crime de l’Orient Express, il y en a eu en pagaille mais on retiendra notamment le film de Sydney Lumet de 1974, alors une de plus ou une de moins en 2017, pourquoi pas !

Quand j’ai appris que Kenneth Branagh allait s’occuper de cette nouvelle adaptation et quand la FOX a annoncé le casting qui accompagnait le projet, j’ai mis mes aprioris de côté pour louer tous les dieux *_*, c’est ça la classe à l’anglaise. Il fallait que ce soit une bonne adaptation !

Sir Branagh connait bien ses classiques, il a adapté Hamlet évidemment et dirige sa propre compagnie de théâtre. Récemment il se trouvait derrière la caméra du live action de Cendrillon qui était agréablement plaisant (celui avec Lily James et Richard Madden). Mais voilà, le gentilhomme possède peut-être un défaut, il se met bien trop en avant quand il joue dans ses propres réalisations (et il a pris un sacré coup de vieux, ou alors c’était un très bon maquillage). Et je crois que c’est l’un des nombreux soucis que j’ai rencontrés avec son Crime de l’Orient Express.

Pour les gens qui n’ont pas lu le classique d’Agatha Christie, Le Crime de l’Orient Express reprend la formule magique de ses romans policiers de style « whodunit ». Un mort, un huis-clos, des suspects, et Hercule Poirot le plus grand détective belge pour résoudre l’affaire tout en laissant sa chance au lecteur/spectateur de trouver la solution. Et là, l’enquête se déroule dans un train (en première classe), bloqué pour quelques heures à cause d’une avalanche.

Branagh campe un Hercule Poirot maîtrisé. Il va dans les détails, l’accent est parfait, sa moustache n’en parlons pas, et clairement, le monsieur s’amuse énormément. Avec cette version 2017, on a le droit à une mise en scène vraiment moderne, la vue de l’extérieur du train qui suit les protagonistes à l’intérieur, mais aussi celle qui filme de haut pour garder l’esprit confiné du train. Vraiment chouette pour un huis-clos de vouloir rendre l’espace encore plus petit. C’est sûrement ce que j’ai préféré, l’histoire avance bien, et on capte un indice par-ci et par-là comme dans les romans. Mais à part ça, y a rien de neuf, c’est même un peu plat…

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Je vais quand même mentionner le casting. Okay, bon, nul n’est parfait, y a Johnny Depp, mais le reste ?! Dame Judi Dench, Olivia Colman, la jeune Daisy Ridley, Aaron Burr ou plutôt Leslie Odom Jr. haha, Michelle Pfeiffer, j’en passe et des meilleurs. Et avec un tel ensemble, je me suis dit que le réalisateur saurait les mettre en avant, non ? Même si ce sont des suspects et qu’ils sont nombreux. Ben bof, en fait… Poirot a toujours été ZE héros de l’histoire, mais là, son omniprésence pèse un peu trop. C’est sûr, c’est un génie blabla, mais un film avec un tel casting ne peut pas reposer sur une seule personne. Pire que Sherlock Holmes, c’est pour dire !

Ensuite tout l’aspect dramatique des flashbacks était un peu trop trop surfait et surtout à aucun moment on sympathise avec la tragédie qui est mentionnée (et qui est liée au meurtre évidemment) en passant. En fait, on comprend jamais vraiment ce qui s’est passé et ça reste des bribes d’une histoire décousue.

Bon, même si cette adaptation sera vite oubliée, c’était joli à regarder. Costumes, effets visuels, toussa toussa…

J’attends avec impatience le prochain film de Branagh. Ce sera (encore) une adaptation d’Artemis Fowl, et pour ceux qui étaient des avides lecteurs de fantasy en étant jeunes dans les années 90, je peux dire que c’est l’une des franchises en tête de liste. Me suis souvent demandée pourquoi la saga n’a pas été adaptée avant d’ailleurs. Bref, ce sera chouette (même si on ne connait aucune tête d’affiche pour le moment) !

Sortie le 13 décembre

Goodbye Christopher Robin, le héros de Winnie l’Ourson

Oui, ça fait deux ans que je n’ai pas écrit. Oui, j’écrivais autre part. Enfin, oui, je suis prise d’une velléité soudaine et je vais reprendre. Car pourquoi pas. Et du coup, je change un peu ma mise en forme.

Et la reprise commence avec Goodbye Christopher Robin, ce petit drame britannique sur la naissance de Winnie l’Ourson, le deuxième ours le plus renommé au monde (le premier étant Paddington, selon moi et ma mauvaise foi). Le film ne sortira probablement jamais en France, mais c’est pas grave, il donne chaud au cœur !

Je ne sais pas si c’est l’effet de mon premier film vu à Londres, dans une petite salle indépendante pas très bien entretenue avec un public composé principalement de 10 enfants, ou si parce que la bouille de l’acteur qui joue Christopher Robin me donnerait presque envie de lui pincer les joues (un certain Will Tilston qu’on reverra bientôt j’espère, un Jacob Tremblay d’un autre genre), mais en tout cas, j’ai eu ma dose de pleurs.

Direction la campagne du Sussex des années 30, où Alan Milne (Domhnall Gleeson qui a une tête de méchant) s’est retiré pour trouver de l’inspiration. Il revient de la guerre, il souffre de syndrome post-traumatique, et veut écrire un plaidoyer pour mettre fin au concept de guerre. Dans les bois autour de sa propriété, c’est son fils Christopher Robin, aka Billy Moon qui va lui donner l’idée de l’histoire qui va changer leur vie : Winnie l’Ourson.

Seulement voilà, qu’est-ce qu’un gamin de 8 ans peut bien vouloir ? Pas la gloire ou la fortune, nope, mais l’affection de ses parents. Ce qui semble bien compliqué pour le petit Billy quand sa mère (Margot Robbie qui a été très mal vieillie) prête plus attention à ce qu’elle peut acheter avec les sous engrangés et que son père présente des difficultés pour exprimer ses sentiments. La seule personne qui reste dévouée à Billy semble être sa nounou (Kelly MacDonald, géniale, source principale de mes pleurs).

Et on voit bien combien il est difficile pour ce petit aux fossettes les mieux dessinées au monde de concilier le Christopher Robin (Jean-Christophe chez nous) du livre d’enfants et le Billy Moon de la vraie vie. C’est d’autant plus impressionnant quand l’acteur de 9-10 ans arrive à donner la réplique sur un pied d’égalité à ses partenaires adultes. Je sais que les gamins anglo-saxons sont bons, mais à ce point-là !

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Mis à part ça, j’aurais préféré que Domhnall Gleeson et Margot Robbie finissent ensemble dans Il était temps plutôt que jouer un couple dans ce film-là car le manque d’alchimie fait facepalmer. Disons qu’une liaison avec la nourrice ne m’aurait pas gênée tellement les regards entre les deux personnages faisaient plus d’effet qu’un baiser entre les parents.

Puis y avait clairement un souci de maquillage. Ça ne m’a jamais véritablement dérangée, mais les plans rapprochés sur le visage de Gleeson attiraient plus mon œil sur le ton chelou du maquillage/sa peau, plutôt qu’aux expressions faciales, ce qui est un peu dommage.

Je crois que j’aurais aimé que le film ressemble plus à Miss Potter, le presque biopic sur Beatrix Potter, l’auteure de Pierre Lapin. On y voyait des images d’aquarelle, de l’animation, et ça aurait été une touche fantasque plus que bienvenue dans Goodbye Christopher Robin. En fait, le film était un peu maladroit, à aborder des thèmes adultes comme le post-trauma, mais en même temps à garder un ton très enfantin. Sauf que ça n’allait pas à fond ni dans un thème ni dans l’autre, ce qui donne un sentiment d’inachevé… à tous les niveaux. On s’attache clairement à Billy, mais là où la relation père-fils aurait pu être incroyable, elle finit par laisser un goût amer.

Bref, tout ça pour dire que c’est clairement pas une grande œuvre cinématographique, mais un joli drame qui fait voir le monde par les yeux du Billy Moon, avec en bonus les coulisses de la vie de l’auteur de Winnie l’Ourson. Eh oui, c’est bien touchant.

La flemme habituelle d’aller au ciné…

J’avoue, j’ai toujours la flemme d’aller au ciné. Bon, une fois arrivée, je profite du film, Dieu merci ! Mais se motiver à bouger, ce n’est pas évident… En plus, j’ai eu l’impression que ces deux dernières semaines, il n’y avait rien d’intéressant du tout ><.

before_i_go_to_sleepAvant d’aller dormir : J’ai trouvé ça pas mal du tout. C’était assez intrigant, ça gardait bien le spectateur en haleine. L’adaptation d’un bouquin n’est pas chose évidente, mais j’ai trouvé que c’était intelligent. Par exemple; là où normalement Christine tient un journal intime tout ce qu’il y a de plus classique, ils en ont fait un journal vidéo (vive la taille de la carte mémoire je dis x’D), et l’idée n’est pas mauvaise du tout. Car ça permet d’être plus visuel et donc de choquer encore plus. Je n’ai juste pas aimé les flashbacks colorés, ça faisait ringard comme un mauvais film d’horreur. Kidman et Firth étaient excellents dedans (d’ailleurs, ils ont un troisième film ensemble pour bientôt), et pour une fois, ils étaient dans la bonne tranche d’âge ! On se pose forcément des questions, aux côtés de Christine, et on ne sait plus à qui se fier. Pas mal l’accent brit’ de Kidman et l’apparition d’Anne-Marie Duff :’). Bon thriller psychologique en soi.

horns_ver5Horns : La BA est assez représentative du film. C’est aussi délirant que ça a l’air. Daniel Radcliffe est vraiment bon dedans (malgré quelques connotations d’accent anglais qu’il n’a pas réussi à effacer, d’ailleurs, j’ai trouvé ça idiot d’en faire un provincial alors que lui et Juno Temple sont anglais, mais bon, passons) et ça fait plaisir à voir. Comme on peut s’y attendre, il y a pas mal de gore (j’ai dû fermer les yeux à quelques moments). En fait, c’est assez intéressant de voir comment la fantaisie rentre dans la réalité. C’est sûrement une métaphore pour je-ne-sais-quoi, l’hypocrisie de l’être humain peut-être (tous les mensonges qu’on peut débiter x’), mais c’est limite plus « vrai » que s’il n’y avait pas des touches de fantastique. Et il y a plein de gens connus, oh le papa de Dexter, oh l’hôtesse de l’air de Pan Am, le type de Treme et ainsi de suite (et celle qui joue Merrin jeune est douée)… S’il y a une scène que je n’ai vraiment pas aimée, c’est celle sous drogue qui dérape complètement… Mis à part ça, j’ai bien aimé le processus du film. L’histoire en revanche, c’était grillé d’avance.

hundredfoot_journeyThe Hundred-Foot Journey : Ou comment ne pas avoir envie de manger indien après ça ? Un peu comme The Lunchbox, sauf que comme l’histoire se situe en France, on se dit que c’est plus accessible. Et il était beau le petit Indien là :’O. N’empêche, deux films franco-britannique en un mois (je pense à Gemma Bovery), ça fait beaucoup. On va tous parler franglais si ça continue ! Et j’en profite pour me faire un petit coup de pub, j’ai écrit pour Small Things sur le film pour dire que ça a beau être gnangnan comme sait le faire Halström, ça reste un beau film uplifting ^^. Ah oui, pas besoin de parler de la géniale Helen Mirren (j’ai toujours pas compris si son personnage était censé être français, britannique ou moitié ‘-‘), mais un petit mot sur Charlotte Le Bon (qui est un sosie de Wynona Rider). Il faut qu’elle arrête d’accentuer son accent français quand elle parle anglais. A part ça, elle est vraiment bien !

pride_ver3Pride : Que des bonnes choses à dire sur ce film de ma part. Bon, okay, juste un bémol, c’est trop gentillet x’D. Mais on s’en fiche, c’est une belle histoire de vie, ça apprend l’amitié, l’acceptation, la solidarité et un pan de l’histoire sous un point de vue différent (c’est chouette que ce soit fondée sur une histoire vraie). Ça donne envie de s’engager (ou pas, en fait), de donner un sens à ses actions. Et je ne savais pas que les personnes atteintes du sida étaient annotés au début :’O. C’est un drame anglais comme on en voit de temps en temps, qui réussit à redonner foi en l’humanité (ou à une portion du moins), avec un casting de talents complets (des plus jeunes comme George McKay qui était génial dans Sunshine on Leith aux plus vétérans comme Nighy ou Paddy Considine :’), des plans de la campagne galloise à donner envie d’aller au Pays de Galles et BEAUCOUP d’émotion et de gayté *sort très loin*.

obvious_childObvious Child : Je viens de voir que la réalisatrice s’appelait Robespierre à qui c’est le premier film x’D. En fait, c’est un peu le film de stand-up (on en apprend un peu sur cette discipline d’ailleurs) de Jenny Slate. Je pense qu’elle doit être très authentique dedans. Slate, c’est la fille qui s’est fait renvoyer du SNL pour avoir dit « fuck » en live, qui a réussi en ayant touché le fond x’D. Loin des persos loufoques de Parks & Rec ou de House of Cards, on voit certes un grand enfant mais face à des questions d’adulte et surtout, qui va mûrir. J’avais peur justement que ce soit ridicule et trop absurde, mais au contraire, c’est très bien écrit, c’est moderne, je suppose que c’est à la Girls mais sans Dunham ni autant de références sexuelles. En plus, c’est encore un projet qui a vu le jour à Kickstarter, donc c’est chouette :’D.

welcome_to_new_yorkWelcome to New York : Ohlala. Des *facepalm*. On dirait un téléfilm de France 3 qui veut mêler images d’archives avec docu-fiction. Donc on suit Depardieu avec une caméra à la main qui donne le tournis. Et surtout, on n’a pas envie de voir Depardieu à l’écran ><. Le film dépeint le pervers de base, sans aucune intelligence, en pensant parler de DSK simplement parce qu’il était dans la presse, mais sans le paradoxe de l’image médiatique de l’homme politique et de sa vie privée. C’est vraiment nul… Le début faisait plus figure de film porno qu’autre chose ‘-‘.