5 livres à lire avant (ou après selon vos goûts) de les découvrir au cinéma en 2018

En tant que lectrice assidue (surtout de dystopies jeunes adultes, je l’admets), je mets un point d’honneur à lire les bouquins des films qui vont sortir qui m’intéressent sur le papier.

Haha, j’avais d’ailleurs mentionné à quel point je n’étais pas prête pour l’adaptation de La fille du train. Récemment, il y a eu l’excellent Wonder de R.J. Palacio qui a été superbement retranscrit (et très respectablement) par Stephen Chbosky, l’auteur du Monde de Charlie. Bref, 2018, nouvelle année, et une pluie d’adaptations qui promettent !

Ready Player One, Ernest Cline (sortie prévue 28 mars 2018)

Le bouquin a été un succès assez unanime à sa sortie en 2011. Et pour cause, une aventure quasi intergalactique en restant au chaud derrière le simili d’un ordinateur.

ready player one

2044. La Terre est à l’agonie.
Comme la majeure partie de l’humanité, Wade, 17 ans, passe son temps dans l’OASIS – un univers virtuel où chacun peut vivre et être ce qui lui chante. Mais lorsque le fondateur de l’OASIS meurt sans héritier, une formidable chasse au trésor est lancée : celui qui découvrira les trois clefs cachées dans l’OASIS par son créateur remportera 250 milliards de dollars !
Multinationales et geeks s’affrontent alors dans une quête épique, dont l’avenir du monde est l’enjeu. Que le meilleur gagne…

Pourtant, certaines critiques ont qualifié Ready Player One de nombriliste et d’autres adjectifs narcissiques. Je vais être claire pour moi, oui, il y a des références, beaucoup, mais ce n’est pas pas du tout too much car ces références sont expliquées. Si tu les as, tant mieux, si tu ne les as pas, c’est pas grave du tout (et Dieu sait que j’en avais à peine les 20%) car l’histoire est assez solide pour faire fi de ça. Et le pire, c’est que ce n’est pas dérangeant de ne pas comprendre la référence car la situation est décrite en sorte à ce que ce soit compréhensible.

La lecture est hyper fluide, le rythme tient bon et malgré les mois qui passent dans la narration, je peux vous dire qu’on enfile ce livre d’un seul coup. Et le côté rétro (car ça se passe dans le futur, n’oublions pas) nous ne nous lâche pas.

Puis qui n’a pas rêvé de jouer à un jeu vidéo comme dans la vraie vie ? La réalité virtuelle est à portée de mains et c’est notre futur ! Voilà ! C’est l’histoire dont vous êtes le héros pour tous les marginaux qui n’ont jamais été populaires, c’est la bible du « geek is becoming chic », et c’est le livre que vous attendiez quand vous jouiez à votre MMO au lieu d’étudier.

J’adore Tye Sheridan et Olivia Cooke, je n’aurais jamais pu imaginer un meilleur duo en têtes d’affiche pour l’adaptation. Même si Sheridan est peut-être « trop beau » pour le rôle, mais on est à Hollywood. Et qui de mieux que Steven Spielberg, l’idole des geeks et de sa génération pour réaliser ce film ?

La bande-annonce m’a captivée, les effets sont super jolis. De toute façon, j’étais conquise déjà, l’auteur mentionne Firefly à un moment, donc bon…

Annihilation, Jeff VanderMeer (sortie prévue 7 mars 2018)

Dans la trilogie de Rempart Sud, chaque livre est très différent l’un de l’autre dans son style et dans son ton. Le premier tome, Annihilation ne fait que décrire la disruption de notre monde.

annihilation

La Zone X, mystérieuse, mortelle. Et en expansion. Onze expéditions soldées par des suicides, meurtres, cancers foudroyants et troubles mentaux. Douzième expédition. Quatre femmes. Quatre scientifiques seules dans une nature sauvage. Leur but : ne pas se laisser contaminer, survivre et cartographier la Zone X.

Le résumé n’est pas du tout parlant, mais il faut avouer que je n’ai pas compris le bouquin en soi. La Zone X est changeante et les styles employés pour écrire la série le sont aussi. À aucun moment je n’ai réussi à imaginer l’endroit précisément. Alors j’étais curieuse de voir comment Alex Garland allait gérer ça. Mais ça lui correspond bien, c’est un mystère complètement opaque, si vous espérez avoir des réponses, vous serez probablement déçus…

Il faut le dire, c’est un univers compliqué, et le style est très fouillis à l’image du contenu. J’ai dû m’accrocher pour finir le premier tome. En revanche, Autorité la suite, a été une lecture bien plus plaisante. Finalement, Acceptance se situait entre les deux, ça faisait du bien d’avoir une conclusion à l’histoire. Quand j’y pense, je me demande si VanderMeer lui-même sait de quoi il voulait parler. Message métaphysique ? Écologique ? Fascinant, certes, mais fumeux quand même.

En voyant la bande-annonce, j’ai plus l’impression que c’est un mélange des deux premiers tomes plutôt que l’adaptation pure du premier. Et qu’Oscar Isaac un rôle bien trop important que ce qu’il en est en réalité. Bref, je suis pas chauffée par ces premières images. De toute façon, Annihilation, ça reste le film avec Gina Rodriguez et Tessa Thompson pour moi haha.

Un raccourci dans le temps, Madeleine L’Engle (sortie prévue 14 mars 2018)

Mon Dieu, j’ai dû m’y reprendre à cinq fois pour lire Un raccourci dans le temps. Sur le papier, tout aurait dû me plaire, des personnages excentriques, un mélange de fantasy et de science-fiction, une grande épopée. Mais bon sang, c’est difficile à suivre. J’avais tenté le coup il y a quelques années car le livre figure sur toutes les listes d’ouvrages incontournables du genre. Mais c’est vraiment il y a deux ans quand le film a été annoncé que je me suis forcée. Je dirais que les 50 premières pages m’ont complètement perdue, et même après…

Un-raccourci-dans-le-temps

Rien ne va plus pour Meg Murry, 13 ans  : son père a disparu, et personne ne s’intéresse à elle ni à ses problèmes. Car qui voudrait d’une fille qui se met tout le temps en colère ? Heureusement, il y a son frère, Charles Wallace, un petit génie de cinq ans qui lit dans les pensées  : lui est toujours là pour la réconforter. Quant à ses nouvelles et bien étranges voisines, les sorcières Mme Qui, Mme Quidam et Mme Quiproquo, elles semblent savoir où se trouvent M. Murry…
Et si Meg avait bien plus d’amis qu’elle ne le pense  ?

En fait, à la fin de ma lecture, je n’ai toujours pas été convaincue par l’histoire mais je comprends qu’il soit mis au niveau de roman culte avec son concept. L’écriture est assez décousue, ce qui a rendu ma lecture particulièrement laborieuse. Et les gamins sont assez lisses, pas très intéressants malgré leurs esprits brillants. Hermétiques ? Mouais…

Pourtant, la créativité est bien là. Ce qui est assez impressionnant c’est que l’univers semble très complexe pour être transposé à l’écran (je pense la même chose pour la saga Les fiancés de l’hiver par exemple) du coup, ça va énormément relever de la vision d’Ava Duvernay.

En voyant la bande-annonce, j’ai trouvé qu’on perdait du charme vintage du livre original et on avait un show spectaculaire (à la Disney) qui m’a rappelé Le monde fantastique d’Oz que j’avais détesté. En plus, j’ai du mal avec Chris Pine partout, mais c’est mon problème. Mais y a du bon, par exemple, le bouquin avait une vieille édition française qui a été remise à jour avec l’annonce de l’adaptation.

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, Annie Barrows et Mary Ann Shaffer (sortie UK prévue 20 avril 2018)

Ouiii ! Mon Dieu, j’avais dû lire ce livre alors que j’étais encore au lycée. Petit coup de cœur pour ce roman épistolaire. À l’annonce de son adaptation sur grand écran, première réaction : enfin, deuxième réaction : ça va être siii anglais. Et ça ne manque pas, Lily James et Matthew Goode (Jessican Findlay Brown et Michiel Huisman) parmi d’autres acteurs trop coolies ? Deuxième réaction : ils ont intérêt à en faire un joli drame britannique comme les Anglais en ont le secret. Avril 2018, je t’attends.

cercle littéraire

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, un natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis – un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d’un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates…) délices bien évidemment strictement prohibés par l’occupant.

C’est simple, ça va droit au but, et ça donne l’idée du ton. Du feel-good, du vivifiant, une histoire humaine qui va en toucher plus d’un. Enfin, du moins, c’était le livre. La bibliothèque des cœurs cabossés m’a énormément rappelé Le cercle littéraire blabla d’ailleurs. Mais c’est une autre histoire. Donc oui, Juliet va découvrir la vie sur Guernesey (à l’époque, j’apprenais juste l’histoire de ces îles anglaises si proches de la France en passant) à travers une correspondance. Et petit à petit, en entrant dans la vie de ces habitants hors du commun, elle va se découvrir elle-même.

Le bouquin n’est peut-être pas un page-turner en soi, mais il apporte du réconfort, et c’est exactement le genre d’ouvrage qu’on lit quand on a un coup de blues avec son plaid et sa tisane (oui, le livre est interchangeable avec toute autre œuvre culturelle britannique).

C’est très touchant en fait, ça montre à quel point la solidarité peut surmonter l’adversité mais aussi que ce sont des petites actions qui peuvent mener un grand projet. J’ai hâte de voir ce que ça va donner en long-métrage. Il n’y a pas besoin d’un héros parfois pour secouer les choses.

guernesey literary

Crazy Rich Asians, Kevin Kwan (sortie UK prévue 17 août 2018)

Ouais, avec ce titre, il fallait que je le lise ! Alors il s’agit d’une trilogie mais je n’ai lu que le premier tome quand j’ai appris que Constance Wu (et Michelle Yeoh !! Mais Ken Jeong ._.) allait jouer dedans. Ça faisait longtemps que la série me faisait de l’œil mais je n’avais jamais pris le temps auparavant.

crazy rich asians

Lorsque Rachel Chu débarque à Singapour au bras du délicieux Nicholas Young pour assister au mariage du meilleur ami du jeune homme, elle pense juste passer d’agréables vacances en amoureux. Mais Nick a omis de mentionner quelques petits détails… Sa maison familiale est un véritable palais, il est plus accoutumé aux jets privés qu’aux voitures, et surtout, il est l’héritier le plus convoité de toute l’Asie.
Le séjour de Rachel à Singapour tourne au parcours du combattant, où aucune avanie ne lui sera épargnée. Sans parler de Madame-Mère, bien décidée à écarter définitivement la jeune professeur d’un monde auquel elle n’appartient visiblement pas…

Bon, oui, ça ressemble à un Dynastie de mauvais goût, mais en vrai, c’est très rigolo. Avec toutes les références culturelles (oui, on se marie pour l’argent en Asie, et alors ?!) là où il faut, je ne sais pas si en faire un film américain est la meilleure solution, mais bon, on va voir ce que ça donne.

En fait, les productions au casting 100% asiatique ne traversent que très rarement les frontières, il faut le dire. Je crois que le nombre de films communautaires asiatiques que j’ai vus se comptent sur les doigts de la main (contrairement ceux ciblés communautés noires) du coup, ça me fait un peu bizarre. Mais tant mieux si Hollywood veut taper dans la romcom/buddy comedy asiatique, y a des clichés qui peuvent faire marrer.

Le livre se rapproche plus de la chick lit dans le concept un peu soapesque à cause des batailles générationnelles et le tiraillement entre le devoir et le cœur. Petite précision, l’auteur est un homme qui s’inspire de sa propre expérience (venant d’une famille particulièrement installée de Singapour). En fait, c’est la manière acerbe d’analyser les us et coutumes qui distingue vraiment le bouquin. J’ai hâte de découvrir le film en tout cas !

crazy rich asians movie

(P.S. : ouais, je ne vais pas tarder à lire Ophelia maintenant, et possiblement Every Day si les premières pages ne me paraissent pas trop mielleuses…)

4 séries plutôt chouettes (et pas très connues) à regarder sur Netflix

J’ai toujours des phases de « je ne sais pas quoi regarder sur Netflix » quand je suis déjà à jour dans mes séries en cours. Là, particulièrement avec la grippe, j’ai passé les fêtes devant ma télé. Donc une fois les téléfilms de Noël épuisés (en passant Pottersville est assez marrant, mais surtout a un cast de ouf), ben il faut bien lancer d’autres programmes.

Ku’damm 56 (mini-série)

Parfois, je me dis que j’aurais été une lumière en allemand LV2 si j’avais commencé à regarder des séries allemandes à l’époque (eh non, je ne parle pas du Clown). Bref, oui, Ku’damm 56 nous vient droit d’Allemagne dans une période post-guerre où les gens ont tourné la page comme ils le pouvaient. Elle a été diffusée sur Arte sous le nom Berlin 56 pour ceux et celles qui l’auraient regardée.

L’affiche ne paye pas de mine, on dirait un énième drame familial ou alors de soap familial. Pourtant, la mini-série elle, présente des points assez intéressants même si elle traite de tous les sujets clichés de l’époque : le viol, l’avortement, l’homophobie, le sexisme, j’en passe et des meilleurs. Bienvenue à Berlin dans une école de danse traditionnelle menée par Frau Scholläck. Ses trois filles lui causent bien du souci, même si l’une va bientôt se marier et une deuxième a une option avec son boss. Mais voilà, la troisième est complètement à côté de la plaque et kiffe le rock. Vous imaginez bien que le vilain petit canard de la famille va défier les règles de sa mère pour vivre sa vie.

Avec quelques scènes chorégraphiées assez sympathiques, des danses de salon à du rock acrobatique, la mini-série a le mérite de couvrir plein de sujets sans oublier son objectif : l’émancipation de son héroïne. On la soutient, on l’admire, on a pitié d’elle, mais surtout, on se dit qu’elle est forte pour aller jusqu’au bout des choses car rien, mais alors rien du tout, ne semble l’aider.

Il n’y a que trois épisodes, donc ça se regarde très vite, et c’est très feel-good. En plus, mine de rien, la période post-nazie me fait toujours de l’effet… Et cet aspect-là est très bien traité.

Love, Nina (autre mini-série)

Quoi, Helena Bonham-Carter a joué dans une série récemment ? Qu’on soit clair, elle n’est pas l’héroïne de cette série, nope. L’héroïne est Nina, interprétée par Faye Marsay (pour les fans de Game of Thrones, c’est Waif de la confrérie des Sans-Visage) qui se fait embaucher comme nanny. Voici Le journal d’une baby-sitter dans les années 80 à Londres.

Nina Stibbe a écrit des lettres à sa sœur pendant près de 30 ans racontant son quotidien dans la capitale, vivant de différentes expériences, et ces lettres ont été compilées dans un livre publié en 2013 qui est ici adapté.

Love, Nina présente la première famille qui l’accueille de sa campagne de Leicester. À sa tête, on retrouve Georgia, la mère (voilà Helena Bonham-Carter) d’une maisonnée de deux enfants, complètement plongée dans le cercle littéraire. Entre discours philosophiques et manque de pragmatisme, George a la tête dans les nuages. Le caractère de Nina est complètement opposé au monde dans lequel elle pénètre.

Le script a été adapté par Nick Hornby (About a Boy) et des changements ont eu lieu. Stibbe par exemple avait intégré une famille dont le voisin était le véritable Alan Bennett, l’écrivain célèbre. Dans la série, son alter ego est un poète qui n’a clairement pas son parlé. Et la famille en question n’est autre que celle de l’ex-femme de Stephen Frears, Mary-Kay Wilmers et ses deux fils.

Du coup, Love, Nina est un peu méta dans le sens où elle fait des références à de véritables gens et elle réussit vraiment à faire rire. Le ton humoristique est très bien retranscrit à l’écran avec des répliques qui font mouche à tous les coups et des élucubrations farfelues. En gros, c’est sassy et très vif, et ça se regarde vite. Puis comme à chaque fois, c’est la touche nostalgique qui va faire plus d’un ravi pour les amoureux des 80’s britanniques.

Lady Dynamite (pas une mini-série)

Mais WTF cette série. Vraiment, ça provient d’une autre planète je crois. J’ai jamais rien vu d’aussi différent. Vous savez, les Haters Back Off, ou même Wilfred, sont absurdes mais elles respectent un certain cadre général. En gros, elles peuvent rentrer dans une catégorie. Mais Lady Dynamite, EUH. Je ne sais toujours pas si j’aime bien ou pas en fait mais cette comédie satyrique tire son épingle du jeu.

Je crois que la série rentre dans la mouvance de Netflix de donner une voix à des comédiens de standup assez inconnus ailleurs qu’aux États-Unis comme c’est le cas de Maria Bamford. Franchement, on a dû la voir dans Arrested Development, et pour le reste de ses crédits, c’est du travail de doubleuse voix. Dans Lady Dynamite, elle joue son propre rôle, mais est-ce que la série est autobiographique ? Des éléments le sont clairement, mais je pense que ça joue énormément du « vraiment ? Non, pas possible… » pour retourner le cerveau du spectateur encore plus. Du coup, ça casse complètement les codes de tous les genres connus et c’est magique.

En fait, tout est tellement over the top que je me suis retrouvée captivée par cette non-histoire. Y a des guests de partout, mais y a 0 continuité car elle parle de son passé, de son présent mais aussi de son futur, c’est du grand n’importe quoi. Que ce soit le premier épisode qui sort de nulle part, et la saison entière un peu chelou qui parle implicitement de maladie mentale (elle est bipolaire) mais vraiment étrangement, ou une histoire de raton laveur dans la saison 2, c’est juste chelou. Mais fascinant. Mais toujours chelou.

Je ne sais pas quoi dire d’autre que de vous faire votre propre avis sur la série qui est vraiment unique en son genre.

Salvation (suggérée car j’ai maté Travelers)

La fin du monde arrive. Si si, un astéroïde va détruire la Terre dans 186 jours et y a une poignée de gens qui le savent. Un type à la Elon Musk va tenter de sauver l’humanité, le gouvernement également mais à sa manière, et des gens plus ou moins lambdas vont faire leur travail pour mener le plan global à bien. Complot, trahison, sauver la Terre ou se sauver, voilà les enjeux de la série.

Salvation est passée cet été sur CBS, dans mon indifférence la plus totale, mais voilà, comme c’est sur Netflix en ce moment… (petit aparté pour dire que je suis la première à m’offusquer quand les co-prods Netflix ou les séries reprises sur Netflix ne mentionnent pas les chaînes d’origine, je pense à The End of the Fucking World qui fait soudainement parler d’elle alors que quand elle a été diffusée sur Channel 4, silence complet… bref)

Des quatre séries, c’est certainement la moins chouette pour être honnête x’D. Un peu convenue, pas très bien jouée (ça fait du bien de voir des têtes pas connues, mais franchement, comme ensemble, y a mieux), à se demander pourquoi j’en parle en fait. C’est tout le côté « et si on devait mourir demain, qu’est-ce qu’on ferait de plus, qu’est-ce qu’on ferait de moins » qui m’a fait tenir jusqu’au bout. Et puis je me dis que pour l’été, ça doit se bouffer très facilement. Puis l’idée qu’un corps céleste puisse entrer en collision avec la Terre, on la ressasse souvent, mais elle ne s’est jamais vraiment avérée, donc bon… Et théoriquement, la NASA a les moyens de détruire l’objet avant que le risque soit vraiment grand.

En fait, le plus grand souci de Salvation, c’est que ça donne l’impression de se prendre au sérieux, et quand t’as un script aussi pauvre, c’est difficile d’y croire…

(P.S. : ça me fait penser que je suis sur le store UK actuellement, donc ça se trouve que tout n’est pas dispo en France…)

Seule la terre, encore plus fort qu’un simple Brokeback Mountain en Angleterre

8/10 : le silence vaut mille mots. Et parfois, la coquille qu’on se construit peut commencer à se fissurer grâce à des émotions…

Une remarque qui m’a traversé l’esprit lors d’une scène du film : « Quand même, au niveau de l’hygiène, ils risquent rien avec de la terre partout comme ça ? »

Cette année dans le circuit indépendant du cinéma britannique, deux films ont énormément fait parler d’eux. Lady Macbeth d’une part (un period drama à la réalisation très académique mais qui donne une puissance à la mise en scène), et d’autre part God’s Own Country aka Seule la terre. Celui-là est sorti en salles la semaine dernière en France, et comme j’avais raté sa sortie UK, j’en ai profité pour aller le voir de passage à Paris. Bref, 3615mylife.

Zéro regret, absolument aucun.

Johnny (Josh O’Connor) représente le mec qui a fini le lycée et qui doit reprendre la ferme familiale, après que l’AVC de son père (Ian Hart ou le professeur Qui-quirell de Harry Potter hihi) l’a rendu dans l’incapacité de la gérer. La grand-mère (Gemma Jones) habite avec eux et s’occupe des tâches ménagères. Le jeune homme se sent prisonnier de sa vie, tous les jours les bêtes, le champ, la clôture, la vente, le coup d’un jour, et les soirs une tournée au bar pour se bourrer la gueule jusqu’à vomir ses tripes le lendemain. C’est là que sa salvation débarque en la forme de Gheorghe (Alec Secareanu), un Roumain qui a perdu sa ferme, qui vient aider pour l’agnelage.

Déjà, aucune idée de ce qu’était l’agnelage en bonne citadine que je suis, mais à part ça, y a pas mal de bons points à retenir de Seule la terre (outre la réalisation de Francis Lee qui signe son premier long-métrage ici) :

  • ça se passe aujourd’hui et ça montre un pan de la société presque invisible, ces fermiers du centre de l’Angleterre. On connait ce monde avec les romans de Thomas Hardy, des sœurs Brontë et leurs adaptations, mais de nos jours, peu ;
  • la vie rurale présentée différemment avec des paysages magnifiques, et c’est une véritable source d’inspiration en ce moment pour les Anglais ;
  • le petit nombre de personnages qui permet vraiment à chacun de se développer, et au spectateur de poser son œil partout ;
  • l’homosexualité n’est jamais un problème en soi, il ne symbolise pas un tabou ou autre ;
  • les agneaux qui forment un bon point à eux tous seuls (et vas-y, le coup du dépeçage et tout, je connaissais pas !)

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Tout au long du film, il y a un mystère qui plane autour de Gheorghe que je serais bien incapable, même après avoir vu le film, de résoudre. Exemple : que met-il dans ses nouilles instantanées ?! Est-ce la poudre aromatique d’accompagnement ? Eh bien sachez qu’il faut mettre la poudre avant l’eau, pas après, mon Dieu !

Là où 120 battements par minute pulsait avec ses scènes dans des clubs et leurs cris militants, Seule la terre avance lentement, dans son monde à part, quelque part où la relation entre Johnny et Gheorghe se construit avec beaucoup de réalisme et de tendresse, ils se découvrent l’un et l’autre. Mais de la même manière, les deux films phares de l’année à thématique LGBT sont très forts et très bruts, ils n’ont pas peur de montrer les choses telles qu’elles sont, et le public les remercie pour ça.

J’ai lu des critiques qui comparait le film à Brokeback Mountain, mais honnêtement, à part le côté vie rurale et Tom à la ferme, les deux n’ont RIEN à voir. Dans leurs vies, dans leurs comportements, dans les dialogues et les plans, strictement aucune similarité.

Voici une belle histoire de vie d’un jeune homme qui s’est un peu perdu en cours de route et qui trouve de l’espoir dans l’arrivée d’un étranger dont il tombe amoureux. Ça peut sembler banal dit comme ça, et pourtant Seule la terre est tout sauf banal.

(P.S. : je voulais juste dire au passage tant qu’on est dans le sujet des films LGBT, que Battle of the Sexes m’avait déçue… j’aurais dû adorer ce film, et finalement j’en suis ressortie qu’avec une appréciation modérée… la raison principale étant que je trouve Emma Stone mal castée pour le rôle, voilà)

Film Stars Don’t Die in Liverpool, mais elles y resplendissent !

8,5/10 : un drame britannique indépendant comme on les aime, avec ce je-ne-sais-quoi indescriptible qui charme le spectateur tellement ça respire l’authenticité et l’amour.

Quand je pense à mon top ciné de l’année, 20th Century Women arrive en très bonne position, et c’est avec une joie non dissimulée que je regarde chaque film avec Annette Bening.

J’ai découvert Film Stars Don’t Die in Liverpool avec des affiches dans le métro londonien et j’étais assez surprise car je n’avais pas du tout entendu parler de cette sortie ni d’Ève ni d’Adam. L’affiche est chouette, le titre est super catchy et bon, Annette Bening (je veux dire, elle est mariée à Warren Beatty quoi, elle était faite pour ce rôle !), Jamie ET Julie Walters (réunion Billy Elliot haha), c’est suffisant pour me convaincre de le choisir comme film de la semaine.

La carrière de Gloria Grahame tire sur sa fin en 1981 alors que l’ancienne star approche des 60 ans. Elle était un visage mémorable des films en noir et blanc durant l’âge d’or hollywoodien, mais depuis que l’industrie se regarde en couleurs, elle ne trouve plus grand-chose sauf des rôles dans des théâtres anglais miteux. Véritable ingénue malgré son âge (eh oui, la peur de la vieillesse est bien là), elle rencontre à Londres son voisin, un jeune Peter Turner de 25 ans.

Basées sur les mémoires de Peter Turner au titre éponyme, les dernières années de Gloria Grahame se révèlent extravagantes et passionnées à l’image de la femme elle-même. Car oui, Gloria Grahame a vraiment existé, et c’est bien elle qu’on voit dans les extraits de ces films dans Films Stars Don’t Die in Liverpool. On voyage de Londres à la côte ouest des États-Unis, on s’attarde bien sûr à Liverpool mais aussi à New York, et les couleurs sont magnifiques.

Je ne sais pas si c’est parce que je suis entourée de Britanniques en ce moment ou si c’est parce que le film se passe à Liverpool, mais y a clairement une sensibilité purement brit dans ce tout joli long-métrage. Des effets de caméra qui rythment bien l’histoire et qui donnent un style affirmé. Par exemple, dans la scène d’ouverture, y avait une tâche sur la lentille de la caméra. Vraiment, ça créait un flare parfois, mais c’était grosso modo juste une tâche en plein milieu qui salissait l’écran. Et là, je me suis dit « la vache, ils avaient vraiment un petit budget » (oui, ça me travaille beaucoup le rapport budget/résultat en ce moment), sauf que c’est revenu à plusieurs reprises, et parfois on voyait carrément un reflet dans la lentille comme si c’était une mise en abyme des persos. D’autres fois, des séquences un peu fantastiques servaient de transitions entre la ligne temporelle du présent et celle du passé, et pareil, super méthode. Le tout rendait vachement bien !

Paul McGuigan n’a pourtant pas réalisé grand-chose d’inoubliable, Docteur Frankenstein récemment, à la rigueur Rencontre à Wicker Park (qui marque l’un des meilleurs rôles de Josh Hartnett de toute sa carrière x’) il y a presque 15 ans, et plusieurs épisodes de Sherlock qui ont dû l’amener à trouver sa signature.

Bref, en plus de la mise en scène, un charme indéniable se dégage de tous les personnages, que ce soit cette « vieille folle en crise existentielle » ou alors ce jeune acteur wannabe très proche de sa mère qui n’a pas sa langue dans la poche. Bien sûr, l’histoire ne se contente pas de raconter la relation improbable entre une actrice en fin de carrière opposée à un nouveau venu, non, ça va plus loin et explore l’idée de profiter de la vie et le sens de l’amour.

Annette Bening est parfaite, tant d’émotions, de fragilité, de classe et de peur dans sa performance. Souvent, en regardant des films avec des acteurs aux longues carrières, je me demande ce que ça leur fait de se voir 10, 20, 30 ans plus jeunes. Je crois que c’est la première fois que je me suis dit en voyant Bening que vieillir n’était peut-être pas si effrayant que ça (même si c’est juste FLIPPANT), alors merci. Et Jamie Bell était très dans la réserve, ça le change, très à l’écoute de l’autre. Il en a fait du chemin depuis le petit Billy Elliot qui cachait mal sa colère ou encore à son violent Abraham de la série TURN à ce rôle de Peter Turner tout vulnérable.

Voilà, c’est un film qui vaut le coup pour tous les amoureux des films en noir et blanc car c’est une belle ode au genre, mais aussi pour ceux qui ne jurent que par les drames britanniques of course.

(P.S. : tout ça c’est bien beau, mais j’ai toujours pas vu Paddington 2 ni La bataille des sexes encore !)

Professor Marston and the Wonder Women ou l’histoire fascinante derrière le créateur de la super-héroïne

8/10 : une histoire insoupçonnée qui montre bien que les mœurs étaient plus légères à l’époque x’D. Also, Rebecca Hall.

« They have the power within themselves to create their own destiny. »

Franchement, je n’avais pas entendu parler de Professor Marston and the Wonder Women avant le mois dernier. Un teaser était sorti lors de la Comic Con cet été, car même si on est complètement dans le period drama/biopic, le sujet tourne quand même autour du père de Wonder Woman. Ben quel homme ! Il n’avait pas peur de la promiscuité.

Il s’avère que le créateur de la demi-déesse était un professeur de psychologie diplômé d’Harvard qui collaborait étroitement avec sa femme (qui l’a aidé à inventer le polygraphe aka le détecteur de mensonge) et leur maîtresse qui ont servi d’inspiration à Wonder Woman. Et j’emploie le terme « maîtresse » juste parce que les deux premiers étaient unis par les liens du mariage, mais les trois formaient bien un trouple.

J’avoue, je ne me suis pas trop posée de questions sur les créateurs des super-héros de comics car c’est pas mon dada tout simplement, mais les films en costumes le sont, surtout avec Luke Evans et Rebecca Hall. Puis faut dire que le Wonder Woman de DC sorti cet été était plutôt chouette, alors d’une pierre deux coups.

La liste serait longue pour dire tout ce que je ne savais pas sur Wonder Woman, qu’il y avait autant de bondage et d’homosexualité dans les premiers comics (destinés à des enfants), qu’on lui a retiré ses pouvoirs (et le sexe accessoirement) dans les années 70, puis que seuls ses pouvoirs lui ont été restitués par la suite. Déjà, rien que pour en savoir plus sur la genèse de la princesse amazone, Professor Marston vaut le coup.

Quant à l’homme lui-même (Luke Evans), le créateur de l’héroïne de comics est fascinant surtout grâce aux deux femmes qui l’entourent. Sa femme, Elizabeth Holloway (Rebecca Hall) et leur partenaire, Olive Byrne (Bella Heathcote), représentent des versions de Wonder Woman. L’identité secrète qui cache une femme forte, la beauté physique qui cache une innocence. En gros, William Marston se sert des comics comme medium pour transmettre ses valeurs féministes, mais aussi sur ses théories comportementales : DISC (dominance, influence, stabilité, conformité). Très intéressantes également, qui me paraissent plutôt logiques et facilement applicables concrètement, mais c’est une autre histoire.

Gros coup de cœur pour Rebecca Hall qui semble libérée presque insouciante. Je savais déjà que c’était une excellente actrice, mais je trouve que ses rôles n’ont jamais été à la hauteur de son talent. Elizabeth s’assume mais en même temps a peur du regard des autres, et irradie d’humanité (et ses yeux pétillent, c’est important ça x’D). Elle m’a donné le smile tout le long du film. Bref, magnifique, brillante, tous les compliments que son perso reçoit dans le film s’appliquent complètement.

Je pense que Professor Marston aurait pu tomber dans le vulgaire facilement (ou « trop de sexe », et honnêtement, c’est pas ce qu’on attend devant un period drama avec des acteurs anglais) si la réalisatrice Angela Robinson (elle a réalisé DEBS haha) ne maîtrisait pas autant l’atmosphère. Oui, c’est franchement sensuel voire sexuel, mais jamais trop. Elle réussit facilement à faire monter la tension dans une scène notamment de bondage, là où disons-le, 50 Shades of Grey se rate grandement. Y a beaucoup de sensibilité dans la manière de filmer, et du coup, ça touche forcément le public.

Quand j’y pense, ma connaissance en polyamour commence avec la théorie et s’arrête avec la série You, Me, Her *oups*. Donc sur ce point-là aussi, j’étais un peu ignare. Je trouve le concept intéressant, mais c’est déjà difficile de trouver l’équilibre dans un couple, alors je n’ose imaginer en y ajoutant une nouvelle inconnue dans l’équation. Mais j’ai rarement vu autant de respect dans une relation (amoureuse ou autre) que celle dépeinte dans ce film. Au final, y a pas de soumis ou de dominant, mais tout le monde l’est plus ou moins et c’est ce qui rend leur équilibre parfait.

En fait, je savais que j’allais aimer ce film, mais pas autant (j’ai vu Breathe récemment avec Andrew Garfield, Claire Foy et un tas de Brits, et c’était décevant par exemple…) et c’était vraiment une bonne surprise. Je pensais que ce serait un bon moment de culture et d’Anglais en costumes et une jolie romance, mais c’est plus fort que ça, c’est une histoire d’acceptation, d’amour inconditionnel et de foi.

(P.S. : Je crois que je vais vraiment mater tous les drames britanniques qu’on verra jamais en France x’).

« Le Crime de l’Orient-Express » ne tourne pas très bien

6/10 : car je peux quand même pas donner moins pour un cast pareil.

Quand on s’attaque à Hercule Poirot dans l’un des plus grands succès d’Agatha Christie, c’est difficile de vraiment se défaire de ses aprioris. Des adaptations du Crime de l’Orient Express, il y en a eu en pagaille mais on retiendra notamment le film de Sydney Lumet de 1974, alors une de plus ou une de moins en 2017, pourquoi pas !

Quand j’ai appris que Kenneth Branagh allait s’occuper de cette nouvelle adaptation et quand la FOX a annoncé le casting qui accompagnait le projet, j’ai mis mes aprioris de côté pour louer tous les dieux *_*, c’est ça la classe à l’anglaise. Il fallait que ce soit une bonne adaptation !

Sir Branagh connait bien ses classiques, il a adapté Hamlet évidemment et dirige sa propre compagnie de théâtre. Récemment il se trouvait derrière la caméra du live action de Cendrillon qui était agréablement plaisant (celui avec Lily James et Richard Madden). Mais voilà, le gentilhomme possède peut-être un défaut, il se met bien trop en avant quand il joue dans ses propres réalisations (et il a pris un sacré coup de vieux, ou alors c’était un très bon maquillage). Et je crois que c’est l’un des nombreux soucis que j’ai rencontrés avec son Crime de l’Orient Express.

Pour les gens qui n’ont pas lu le classique d’Agatha Christie, Le Crime de l’Orient Express reprend la formule magique de ses romans policiers de style « whodunit ». Un mort, un huis-clos, des suspects, et Hercule Poirot le plus grand détective belge pour résoudre l’affaire tout en laissant sa chance au lecteur/spectateur de trouver la solution. Et là, l’enquête se déroule dans un train (en première classe), bloqué pour quelques heures à cause d’une avalanche.

Branagh campe un Hercule Poirot maîtrisé. Il va dans les détails, l’accent est parfait, sa moustache n’en parlons pas, et clairement, le monsieur s’amuse énormément. Avec cette version 2017, on a le droit à une mise en scène vraiment moderne, la vue de l’extérieur du train qui suit les protagonistes à l’intérieur, mais aussi celle qui filme de haut pour garder l’esprit confiné du train. Vraiment chouette pour un huis-clos de vouloir rendre l’espace encore plus petit. C’est sûrement ce que j’ai préféré, l’histoire avance bien, et on capte un indice par-ci et par-là comme dans les romans. Mais à part ça, y a rien de neuf, c’est même un peu plat…

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Je vais quand même mentionner le casting. Okay, bon, nul n’est parfait, y a Johnny Depp, mais le reste ?! Dame Judi Dench, Olivia Colman, la jeune Daisy Ridley, Aaron Burr ou plutôt Leslie Odom Jr. haha, Michelle Pfeiffer, j’en passe et des meilleurs. Et avec un tel ensemble, je me suis dit que le réalisateur saurait les mettre en avant, non ? Même si ce sont des suspects et qu’ils sont nombreux. Ben bof, en fait… Poirot a toujours été ZE héros de l’histoire, mais là, son omniprésence pèse un peu trop. C’est sûr, c’est un génie blabla, mais un film avec un tel casting ne peut pas reposer sur une seule personne. Pire que Sherlock Holmes, c’est pour dire !

Ensuite tout l’aspect dramatique des flashbacks était un peu trop trop surfait et surtout à aucun moment on sympathise avec la tragédie qui est mentionnée (et qui est liée au meurtre évidemment) en passant. En fait, on comprend jamais vraiment ce qui s’est passé et ça reste des bribes d’une histoire décousue.

Bon, même si cette adaptation sera vite oubliée, c’était joli à regarder. Costumes, effets visuels, toussa toussa…

J’attends avec impatience le prochain film de Branagh. Ce sera (encore) une adaptation d’Artemis Fowl, et pour ceux qui étaient des avides lecteurs de fantasy en étant jeunes dans les années 90, je peux dire que c’est l’une des franchises en tête de liste. Me suis souvent demandée pourquoi la saga n’a pas été adaptée avant d’ailleurs. Bref, ce sera chouette (même si on ne connait aucune tête d’affiche pour le moment) !

Sortie le 13 décembre

Goodbye Christopher Robin, le héros de Winnie l’Ourson

Oui, ça fait deux ans que je n’ai pas écrit. Oui, j’écrivais autre part. Enfin, oui, je suis prise d’une velléité soudaine et je vais reprendre. Car pourquoi pas. Et du coup, je change un peu ma mise en forme.

Et la reprise commence avec Goodbye Christopher Robin, ce petit drame britannique sur la naissance de Winnie l’Ourson, le deuxième ours le plus renommé au monde (le premier étant Paddington, selon moi et ma mauvaise foi). Le film ne sortira probablement jamais en France, mais c’est pas grave, il donne chaud au cœur !

Je ne sais pas si c’est l’effet de mon premier film vu à Londres, dans une petite salle indépendante pas très bien entretenue avec un public composé principalement de 10 enfants, ou si parce que la bouille de l’acteur qui joue Christopher Robin me donnerait presque envie de lui pincer les joues (un certain Will Tilston qu’on reverra bientôt j’espère, un Jacob Tremblay d’un autre genre), mais en tout cas, j’ai eu ma dose de pleurs.

Direction la campagne du Sussex des années 30, où Alan Milne (Domhnall Gleeson qui a une tête de méchant) s’est retiré pour trouver de l’inspiration. Il revient de la guerre, il souffre de syndrome post-traumatique, et veut écrire un plaidoyer pour mettre fin au concept de guerre. Dans les bois autour de sa propriété, c’est son fils Christopher Robin, aka Billy Moon qui va lui donner l’idée de l’histoire qui va changer leur vie : Winnie l’Ourson.

Seulement voilà, qu’est-ce qu’un gamin de 8 ans peut bien vouloir ? Pas la gloire ou la fortune, nope, mais l’affection de ses parents. Ce qui semble bien compliqué pour le petit Billy quand sa mère (Margot Robbie qui a été très mal vieillie) prête plus attention à ce qu’elle peut acheter avec les sous engrangés et que son père présente des difficultés pour exprimer ses sentiments. La seule personne qui reste dévouée à Billy semble être sa nounou (Kelly MacDonald, géniale, source principale de mes pleurs).

Et on voit bien combien il est difficile pour ce petit aux fossettes les mieux dessinées au monde de concilier le Christopher Robin (Jean-Christophe chez nous) du livre d’enfants et le Billy Moon de la vraie vie. C’est d’autant plus impressionnant quand l’acteur de 9-10 ans arrive à donner la réplique sur un pied d’égalité à ses partenaires adultes. Je sais que les gamins anglo-saxons sont bons, mais à ce point-là !

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Mis à part ça, j’aurais préféré que Domhnall Gleeson et Margot Robbie finissent ensemble dans Il était temps plutôt que jouer un couple dans ce film-là car le manque d’alchimie fait facepalmer. Disons qu’une liaison avec la nourrice ne m’aurait pas gênée tellement les regards entre les deux personnages faisaient plus d’effet qu’un baiser entre les parents.

Puis y avait clairement un souci de maquillage. Ça ne m’a jamais véritablement dérangée, mais les plans rapprochés sur le visage de Gleeson attiraient plus mon œil sur le ton chelou du maquillage/sa peau, plutôt qu’aux expressions faciales, ce qui est un peu dommage.

Je crois que j’aurais aimé que le film ressemble plus à Miss Potter, le presque biopic sur Beatrix Potter, l’auteure de Pierre Lapin. On y voyait des images d’aquarelle, de l’animation, et ça aurait été une touche fantasque plus que bienvenue dans Goodbye Christopher Robin. En fait, le film était un peu maladroit, à aborder des thèmes adultes comme le post-trauma, mais en même temps à garder un ton très enfantin. Sauf que ça n’allait pas à fond ni dans un thème ni dans l’autre, ce qui donne un sentiment d’inachevé… à tous les niveaux. On s’attache clairement à Billy, mais là où la relation père-fils aurait pu être incroyable, elle finit par laisser un goût amer.

Bref, tout ça pour dire que c’est clairement pas une grande œuvre cinématographique, mais un joli drame qui fait voir le monde par les yeux du Billy Moon, avec en bonus les coulisses de la vie de l’auteur de Winnie l’Ourson. Eh oui, c’est bien touchant.