Seule la terre, encore plus fort qu’un simple Brokeback Mountain en Angleterre

8/10 : le silence vaut mille mots. Et parfois, la coquille qu’on se construit peut commencer à se fissurer grâce à des émotions…

Une remarque qui m’a traversé l’esprit lors d’une scène du film : « Quand même, au niveau de l’hygiène, ils risquent rien avec de la terre partout comme ça ? »

Cette année dans le circuit indépendant du cinéma britannique, deux films ont énormément fait parler d’eux. Lady Macbeth d’une part (un period drama à la réalisation très académique mais qui donne une puissance à la mise en scène), et d’autre part God’s Own Country aka Seule la terre. Celui-là est sorti en salles la semaine dernière en France, et comme j’avais raté sa sortie UK, j’en ai profité pour aller le voir de passage à Paris. Bref, 3615mylife.

Zéro regret, absolument aucun.

Johnny (Josh O’Connor) représente le mec qui a fini le lycée et qui doit reprendre la ferme familiale, après que l’AVC de son père (Ian Hart ou le professeur Qui-quirell de Harry Potter hihi) l’a rendu dans l’incapacité de la gérer. La grand-mère (Gemma Jones) habite avec eux et s’occupe des tâches ménagères. Le jeune homme se sent prisonnier de sa vie, tous les jours les bêtes, le champ, la clôture, la vente, le coup d’un jour, et les soirs une tournée au bar pour se bourrer la gueule jusqu’à vomir ses tripes le lendemain. C’est là que sa salvation débarque en la forme de Gheorghe (Alec Secareanu), un Roumain qui a perdu sa ferme, qui vient aider pour l’agnelage.

Déjà, aucune idée de ce qu’était l’agnelage en bonne citadine que je suis, mais à part ça, y a pas mal de bons points à retenir de Seule la terre (outre la réalisation de Francis Lee qui signe son premier long-métrage ici) :

  • ça se passe aujourd’hui et ça montre un pan de la société presque invisible, ces fermiers du centre de l’Angleterre. On connait ce monde avec les romans de Thomas Hardy, des sœurs Brontë et leurs adaptations, mais de nos jours, peu ;
  • la vie rurale présentée différemment avec des paysages magnifiques, et c’est une véritable source d’inspiration en ce moment pour les Anglais ;
  • le petit nombre de personnages qui permet vraiment à chacun de se développer, et au spectateur de poser son œil partout ;
  • l’homosexualité n’est jamais un problème en soi, il ne symbolise pas un tabou ou autre ;
  • les agneaux qui forment un bon point à eux tous seuls (et vas-y, le coup du dépeçage et tout, je connaissais pas !)

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Tout au long du film, il y a un mystère qui plane autour de Gheorghe que je serais bien incapable, même après avoir vu le film, de résoudre. Exemple : que met-il dans ses nouilles instantanées ?! Est-ce la poudre aromatique d’accompagnement ? Eh bien sachez qu’il faut mettre la poudre avant l’eau, pas après, mon Dieu !

Là où 120 battements par minute pulsait avec ses scènes dans des clubs et leurs cris militants, Seule la terre avance lentement, dans son monde à part, quelque part où la relation entre Johnny et Gheorghe se construit avec beaucoup de réalisme et de tendresse, ils se découvrent l’un et l’autre. Mais de la même manière, les deux films phares de l’année à thématique LGBT sont très forts et très bruts, ils n’ont pas peur de montrer les choses telles qu’elles sont, et le public les remercie pour ça.

J’ai lu des critiques qui comparait le film à Brokeback Mountain, mais honnêtement, à part le côté vie rurale et Tom à la ferme, les deux n’ont RIEN à voir. Dans leurs vies, dans leurs comportements, dans les dialogues et les plans, strictement aucune similarité.

Voici une belle histoire de vie d’un jeune homme qui s’est un peu perdu en cours de route et qui trouve de l’espoir dans l’arrivée d’un étranger dont il tombe amoureux. Ça peut sembler banal dit comme ça, et pourtant Seule la terre est tout sauf banal.

(P.S. : je voulais juste dire au passage tant qu’on est dans le sujet des films LGBT, que Battle of the Sexes m’avait déçue… j’aurais dû adorer ce film, et finalement j’en suis ressortie qu’avec une appréciation modérée… la raison principale étant que je trouve Emma Stone mal castée pour le rôle, voilà)

Film Stars Don’t Die in Liverpool, mais elles y resplendissent !

8,5/10 : un drame britannique indépendant comme on les aime, avec ce je-ne-sais-quoi indescriptible qui charme le spectateur tellement ça respire l’authenticité et l’amour.

Quand je pense à mon top ciné de l’année, 20th Century Women arrive en très bonne position, et c’est avec une joie non dissimulée que je regarde chaque film avec Annette Bening.

J’ai découvert Film Stars Don’t Die in Liverpool avec des affiches dans le métro londonien et j’étais assez surprise car je n’avais pas du tout entendu parler de cette sortie ni d’Ève ni d’Adam. L’affiche est chouette, le titre est super catchy et bon, Annette Bening (je veux dire, elle est mariée à Warren Beatty quoi, elle était faite pour ce rôle !), Jamie ET Julie Walters (réunion Billy Elliot haha), c’est suffisant pour me convaincre de le choisir comme film de la semaine.

La carrière de Gloria Grahame tire sur sa fin en 1981 alors que l’ancienne star approche des 60 ans. Elle était un visage mémorable des films en noir et blanc durant l’âge d’or hollywoodien, mais depuis que l’industrie se regarde en couleurs, elle ne trouve plus grand-chose sauf des rôles dans des théâtres anglais miteux. Véritable ingénue malgré son âge (eh oui, la peur de la vieillesse est bien là), elle rencontre à Londres son voisin, un jeune Peter Turner de 25 ans.

Basées sur les mémoires de Peter Turner au titre éponyme, les dernières années de Gloria Grahame se révèlent extravagantes et passionnées à l’image de la femme elle-même. Car oui, Gloria Grahame a vraiment existé, et c’est bien elle qu’on voit dans les extraits de ces films dans Films Stars Don’t Die in Liverpool. On voyage de Londres à la côte ouest des États-Unis, on s’attarde bien sûr à Liverpool mais aussi à New York, et les couleurs sont magnifiques.

Je ne sais pas si c’est parce que je suis entourée de Britanniques en ce moment ou si c’est parce que le film se passe à Liverpool, mais y a clairement une sensibilité purement brit dans ce tout joli long-métrage. Des effets de caméra qui rythment bien l’histoire et qui donnent un style affirmé. Par exemple, dans la scène d’ouverture, y avait une tâche sur la lentille de la caméra. Vraiment, ça créait un flare parfois, mais c’était grosso modo juste une tâche en plein milieu qui salissait l’écran. Et là, je me suis dit « la vache, ils avaient vraiment un petit budget » (oui, ça me travaille beaucoup le rapport budget/résultat en ce moment), sauf que c’est revenu à plusieurs reprises, et parfois on voyait carrément un reflet dans la lentille comme si c’était une mise en abyme des persos. D’autres fois, des séquences un peu fantastiques servaient de transitions entre la ligne temporelle du présent et celle du passé, et pareil, super méthode. Le tout rendait vachement bien !

Paul McGuigan n’a pourtant pas réalisé grand-chose d’inoubliable, Docteur Frankenstein récemment, à la rigueur Rencontre à Wicker Park (qui marque l’un des meilleurs rôles de Josh Hartnett de toute sa carrière x’) il y a presque 15 ans, et plusieurs épisodes de Sherlock qui ont dû l’amener à trouver sa signature.

Bref, en plus de la mise en scène, un charme indéniable se dégage de tous les personnages, que ce soit cette « vieille folle en crise existentielle » ou alors ce jeune acteur wannabe très proche de sa mère qui n’a pas sa langue dans la poche. Bien sûr, l’histoire ne se contente pas de raconter la relation improbable entre une actrice en fin de carrière opposée à un nouveau venu, non, ça va plus loin et explore l’idée de profiter de la vie et le sens de l’amour.

Annette Bening est parfaite, tant d’émotions, de fragilité, de classe et de peur dans sa performance. Souvent, en regardant des films avec des acteurs aux longues carrières, je me demande ce que ça leur fait de se voir 10, 20, 30 ans plus jeunes. Je crois que c’est la première fois que je me suis dit en voyant Bening que vieillir n’était peut-être pas si effrayant que ça (même si c’est juste FLIPPANT), alors merci. Et Jamie Bell était très dans la réserve, ça le change, très à l’écoute de l’autre. Il en a fait du chemin depuis le petit Billy Elliot qui cachait mal sa colère ou encore à son violent Abraham de la série TURN à ce rôle de Peter Turner tout vulnérable.

Voilà, c’est un film qui vaut le coup pour tous les amoureux des films en noir et blanc car c’est une belle ode au genre, mais aussi pour ceux qui ne jurent que par les drames britanniques of course.

(P.S. : tout ça c’est bien beau, mais j’ai toujours pas vu Paddington 2 ni La bataille des sexes encore !)

Professor Marston and the Wonder Women ou l’histoire fascinante derrière le créateur de la super-héroïne

8/10 : une histoire insoupçonnée qui montre bien que les mœurs étaient plus légères à l’époque x’D. Also, Rebecca Hall.

« They have the power within themselves to create their own destiny. »

Franchement, je n’avais pas entendu parler de Professor Marston and the Wonder Women avant le mois dernier. Un teaser était sorti lors de la Comic Con cet été, car même si on est complètement dans le period drama/biopic, le sujet tourne quand même autour du père de Wonder Woman. Ben quel homme ! Il n’avait pas peur de la promiscuité.

Il s’avère que le créateur de la demi-déesse était un professeur de psychologie diplômé d’Harvard qui collaborait étroitement avec sa femme (qui l’a aidé à inventer le polygraphe aka le détecteur de mensonge) et leur maîtresse qui ont servi d’inspiration à Wonder Woman. Et j’emploie le terme « maîtresse » juste parce que les deux premiers étaient unis par les liens du mariage, mais les trois formaient bien un trouple.

J’avoue, je ne me suis pas trop posée de questions sur les créateurs des super-héros de comics car c’est pas mon dada tout simplement, mais les films en costumes le sont, surtout avec Luke Evans et Rebecca Hall. Puis faut dire que le Wonder Woman de DC sorti cet été était plutôt chouette, alors d’une pierre deux coups.

La liste serait longue pour dire tout ce que je ne savais pas sur Wonder Woman, qu’il y avait autant de bondage et d’homosexualité dans les premiers comics (destinés à des enfants), qu’on lui a retiré ses pouvoirs (et le sexe accessoirement) dans les années 70, puis que seuls ses pouvoirs lui ont été restitués par la suite. Déjà, rien que pour en savoir plus sur la genèse de la princesse amazone, Professor Marston vaut le coup.

Quant à l’homme lui-même (Luke Evans), le créateur de l’héroïne de comics est fascinant surtout grâce aux deux femmes qui l’entourent. Sa femme, Elizabeth Holloway (Rebecca Hall) et leur partenaire, Olive Byrne (Bella Heathcote), représentent des versions de Wonder Woman. L’identité secrète qui cache une femme forte, la beauté physique qui cache une innocence. En gros, William Marston se sert des comics comme medium pour transmettre ses valeurs féministes, mais aussi sur ses théories comportementales : DISC (dominance, influence, stabilité, conformité). Très intéressantes également, qui me paraissent plutôt logiques et facilement applicables concrètement, mais c’est une autre histoire.

Gros coup de cœur pour Rebecca Hall qui semble libérée presque insouciante. Je savais déjà que c’était une excellente actrice, mais je trouve que ses rôles n’ont jamais été à la hauteur de son talent. Elizabeth s’assume mais en même temps a peur du regard des autres, et irradie d’humanité (et ses yeux pétillent, c’est important ça x’D). Elle m’a donné le smile tout le long du film. Bref, magnifique, brillante, tous les compliments que son perso reçoit dans le film s’appliquent complètement.

Je pense que Professor Marston aurait pu tomber dans le vulgaire facilement (ou « trop de sexe », et honnêtement, c’est pas ce qu’on attend devant un period drama avec des acteurs anglais) si la réalisatrice Angela Robinson (elle a réalisé DEBS haha) ne maîtrisait pas autant l’atmosphère. Oui, c’est franchement sensuel voire sexuel, mais jamais trop. Elle réussit facilement à faire monter la tension dans une scène notamment de bondage, là où disons-le, 50 Shades of Grey se rate grandement. Y a beaucoup de sensibilité dans la manière de filmer, et du coup, ça touche forcément le public.

Quand j’y pense, ma connaissance en polyamour commence avec la théorie et s’arrête avec la série You, Me, Her *oups*. Donc sur ce point-là aussi, j’étais un peu ignare. Je trouve le concept intéressant, mais c’est déjà difficile de trouver l’équilibre dans un couple, alors je n’ose imaginer en y ajoutant une nouvelle inconnue dans l’équation. Mais j’ai rarement vu autant de respect dans une relation (amoureuse ou autre) que celle dépeinte dans ce film. Au final, y a pas de soumis ou de dominant, mais tout le monde l’est plus ou moins et c’est ce qui rend leur équilibre parfait.

En fait, je savais que j’allais aimer ce film, mais pas autant (j’ai vu Breathe récemment avec Andrew Garfield, Claire Foy et un tas de Brits, et c’était décevant par exemple…) et c’était vraiment une bonne surprise. Je pensais que ce serait un bon moment de culture et d’Anglais en costumes et une jolie romance, mais c’est plus fort que ça, c’est une histoire d’acceptation, d’amour inconditionnel et de foi.

(P.S. : Je crois que je vais vraiment mater tous les drames britanniques qu’on verra jamais en France x’).

« Le Crime de l’Orient-Express » ne tourne pas très bien

6/10 : car je peux quand même pas donner moins pour un cast pareil.

Quand on s’attaque à Hercule Poirot dans l’un des plus grands succès d’Agatha Christie, c’est difficile de vraiment se défaire de ses aprioris. Des adaptations du Crime de l’Orient Express, il y en a eu en pagaille mais on retiendra notamment le film de Sydney Lumet de 1974, alors une de plus ou une de moins en 2017, pourquoi pas !

Quand j’ai appris que Kenneth Branagh allait s’occuper de cette nouvelle adaptation et quand la FOX a annoncé le casting qui accompagnait le projet, j’ai mis mes aprioris de côté pour louer tous les dieux *_*, c’est ça la classe à l’anglaise. Il fallait que ce soit une bonne adaptation !

Sir Branagh connait bien ses classiques, il a adapté Hamlet évidemment et dirige sa propre compagnie de théâtre. Récemment il se trouvait derrière la caméra du live action de Cendrillon qui était agréablement plaisant (celui avec Lily James et Richard Madden). Mais voilà, le gentilhomme possède peut-être un défaut, il se met bien trop en avant quand il joue dans ses propres réalisations (et il a pris un sacré coup de vieux, ou alors c’était un très bon maquillage). Et je crois que c’est l’un des nombreux soucis que j’ai rencontrés avec son Crime de l’Orient Express.

Pour les gens qui n’ont pas lu le classique d’Agatha Christie, Le Crime de l’Orient Express reprend la formule magique de ses romans policiers de style « whodunit ». Un mort, un huis-clos, des suspects, et Hercule Poirot le plus grand détective belge pour résoudre l’affaire tout en laissant sa chance au lecteur/spectateur de trouver la solution. Et là, l’enquête se déroule dans un train (en première classe), bloqué pour quelques heures à cause d’une avalanche.

Branagh campe un Hercule Poirot maîtrisé. Il va dans les détails, l’accent est parfait, sa moustache n’en parlons pas, et clairement, le monsieur s’amuse énormément. Avec cette version 2017, on a le droit à une mise en scène vraiment moderne, la vue de l’extérieur du train qui suit les protagonistes à l’intérieur, mais aussi celle qui filme de haut pour garder l’esprit confiné du train. Vraiment chouette pour un huis-clos de vouloir rendre l’espace encore plus petit. C’est sûrement ce que j’ai préféré, l’histoire avance bien, et on capte un indice par-ci et par-là comme dans les romans. Mais à part ça, y a rien de neuf, c’est même un peu plat…

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Je vais quand même mentionner le casting. Okay, bon, nul n’est parfait, y a Johnny Depp, mais le reste ?! Dame Judi Dench, Olivia Colman, la jeune Daisy Ridley, Aaron Burr ou plutôt Leslie Odom Jr. haha, Michelle Pfeiffer, j’en passe et des meilleurs. Et avec un tel ensemble, je me suis dit que le réalisateur saurait les mettre en avant, non ? Même si ce sont des suspects et qu’ils sont nombreux. Ben bof, en fait… Poirot a toujours été ZE héros de l’histoire, mais là, son omniprésence pèse un peu trop. C’est sûr, c’est un génie blabla, mais un film avec un tel casting ne peut pas reposer sur une seule personne. Pire que Sherlock Holmes, c’est pour dire !

Ensuite tout l’aspect dramatique des flashbacks était un peu trop trop surfait et surtout à aucun moment on sympathise avec la tragédie qui est mentionnée (et qui est liée au meurtre évidemment) en passant. En fait, on comprend jamais vraiment ce qui s’est passé et ça reste des bribes d’une histoire décousue.

Bon, même si cette adaptation sera vite oubliée, c’était joli à regarder. Costumes, effets visuels, toussa toussa…

J’attends avec impatience le prochain film de Branagh. Ce sera (encore) une adaptation d’Artemis Fowl, et pour ceux qui étaient des avides lecteurs de fantasy en étant jeunes dans les années 90, je peux dire que c’est l’une des franchises en tête de liste. Me suis souvent demandée pourquoi la saga n’a pas été adaptée avant d’ailleurs. Bref, ce sera chouette (même si on ne connait aucune tête d’affiche pour le moment) !

Sortie le 13 décembre

Goodbye Christopher Robin, le héros de Winnie l’Ourson

Oui, ça fait deux ans que je n’ai pas écrit. Oui, j’écrivais autre part. Enfin, oui, je suis prise d’une velléité soudaine et je vais reprendre. Car pourquoi pas. Et du coup, je change un peu ma mise en forme.

Et la reprise commence avec Goodbye Christopher Robin, ce petit drame britannique sur la naissance de Winnie l’Ourson, le deuxième ours le plus renommé au monde (le premier étant Paddington, selon moi et ma mauvaise foi). Le film ne sortira probablement jamais en France, mais c’est pas grave, il donne chaud au cœur !

Je ne sais pas si c’est l’effet de mon premier film vu à Londres, dans une petite salle indépendante pas très bien entretenue avec un public composé principalement de 10 enfants, ou si parce que la bouille de l’acteur qui joue Christopher Robin me donnerait presque envie de lui pincer les joues (un certain Will Tilston qu’on reverra bientôt j’espère, un Jacob Tremblay d’un autre genre), mais en tout cas, j’ai eu ma dose de pleurs.

Direction la campagne du Sussex des années 30, où Alan Milne (Domhnall Gleeson qui a une tête de méchant) s’est retiré pour trouver de l’inspiration. Il revient de la guerre, il souffre de syndrome post-traumatique, et veut écrire un plaidoyer pour mettre fin au concept de guerre. Dans les bois autour de sa propriété, c’est son fils Christopher Robin, aka Billy Moon qui va lui donner l’idée de l’histoire qui va changer leur vie : Winnie l’Ourson.

Seulement voilà, qu’est-ce qu’un gamin de 8 ans peut bien vouloir ? Pas la gloire ou la fortune, nope, mais l’affection de ses parents. Ce qui semble bien compliqué pour le petit Billy quand sa mère (Margot Robbie qui a été très mal vieillie) prête plus attention à ce qu’elle peut acheter avec les sous engrangés et que son père présente des difficultés pour exprimer ses sentiments. La seule personne qui reste dévouée à Billy semble être sa nounou (Kelly MacDonald, géniale, source principale de mes pleurs).

Et on voit bien combien il est difficile pour ce petit aux fossettes les mieux dessinées au monde de concilier le Christopher Robin (Jean-Christophe chez nous) du livre d’enfants et le Billy Moon de la vraie vie. C’est d’autant plus impressionnant quand l’acteur de 9-10 ans arrive à donner la réplique sur un pied d’égalité à ses partenaires adultes. Je sais que les gamins anglo-saxons sont bons, mais à ce point-là !

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Mis à part ça, j’aurais préféré que Domhnall Gleeson et Margot Robbie finissent ensemble dans Il était temps plutôt que jouer un couple dans ce film-là car le manque d’alchimie fait facepalmer. Disons qu’une liaison avec la nourrice ne m’aurait pas gênée tellement les regards entre les deux personnages faisaient plus d’effet qu’un baiser entre les parents.

Puis y avait clairement un souci de maquillage. Ça ne m’a jamais véritablement dérangée, mais les plans rapprochés sur le visage de Gleeson attiraient plus mon œil sur le ton chelou du maquillage/sa peau, plutôt qu’aux expressions faciales, ce qui est un peu dommage.

Je crois que j’aurais aimé que le film ressemble plus à Miss Potter, le presque biopic sur Beatrix Potter, l’auteure de Pierre Lapin. On y voyait des images d’aquarelle, de l’animation, et ça aurait été une touche fantasque plus que bienvenue dans Goodbye Christopher Robin. En fait, le film était un peu maladroit, à aborder des thèmes adultes comme le post-trauma, mais en même temps à garder un ton très enfantin. Sauf que ça n’allait pas à fond ni dans un thème ni dans l’autre, ce qui donne un sentiment d’inachevé… à tous les niveaux. On s’attache clairement à Billy, mais là où la relation père-fils aurait pu être incroyable, elle finit par laisser un goût amer.

Bref, tout ça pour dire que c’est clairement pas une grande œuvre cinématographique, mais un joli drame qui fait voir le monde par les yeux du Billy Moon, avec en bonus les coulisses de la vie de l’auteur de Winnie l’Ourson. Eh oui, c’est bien touchant.

« La fille du train » (« Girl on the train ») adapté au cinéma… Pourquoi ?

Ça fait très très longtemps que je n’ai pas posté ici. Je l’avoue, j’ai opté pour passer plus de temps sur SmallThings. Mais ce billet-là, je le considère comme plus personnel et pas vraiment à sa place sur le site, du coup, hop, je suis revenue ici. Après tout, ce sont bien mes mots ^^’. J’avais envie de parler de mon incompréhension devant l’adaptation d’un bouquin que j’ai dû (emphase sur le devoir car je l’aurais jamais choisi de moi-même) lire pour mon club de lecture.

La fille du train, c’est le titre du premier roman de Paula Hawkins (du moins, sous son véritable nom car elle a à son passif quatre autre romans sous des noms d’emprunt), qui met en scène un thriller bien sombre et dérangeant (à la Gillian Flynn ou SJ Watson). En gros, tout ce que je n’aime pas car les descriptions sont glauques, que je suis une poule mouillée, et que ça me met mal à l’aise.

(J'aime bien les covers de chez Sonatines même si j'aime pas leurs bouquins...)

(J’aime bien les covers de chez Sonatines même si j’aime pas leurs bouquins…)

Entre chronologie bordélique et changements de points de vue à tout-va, j’ai trouvé le livre difficilement compréhensible et pas très fluide. Catégorisée dans mes lectures « perte de temps totale » (y en a peu, mais y en a) quelle ne fut pas ma surprise quand une semaine après l’avoir fini, j’ai appris que les droits d’adaptation avaient été achetés par les studios Dreamworks et qu’un film se préparait avec dans le rôle principal Emily Blunt (qui en passant est trop classe dans les affiches de The Huntsman).

Je peux comprendre pourquoi une adaptation cinématographique vaut le coup sur le papier : derrière l’obsession de la protagoniste principale se cache un véritable malêtre et un manque. Manque d’amour, de motivation, de sens à la vie, de volonté, d’existence… Et actuellement, le paysage du 7e art adore appuyer là où ça fait déjà mal, quand on est au fond du trou, on doit l’exposer à la vue de tous, pour tenter de psychanalyser notre comportement. Rachel, divorcée, la trentaine bien avancée, alcoolique, et on le découvre un peu plus tard sans emploi, observe un couple qui habite le long de la voie ferrée que son train emprunte tous les jours. Comble de coïncidence, un incident va la mettre au cœur d’une histoire autour de ce couple. Mensonges, doubles-jeux, oui, le sujet intrigue et l’atmosphère morbide se transcrirait bien à l’écran, à la Avant d’aller dormir ou encore Gone Girl… Un thriller psychologique en somme.

Donc en résumé, voici le topo général. D’un côté il y a Rachel Watson (Emily Blunt OUATE ZE FUK ?!), de l’autre il y a son ex-mari (Justin Theroux parfait) et sa femme actuelle (Rebecca Ferguson très bien), et la troisième partie consiste en la victime (Haley Bennett pourquoi pas) et son compagnon (Luke Evans okay). Les trois femmes vont venir raconter leur version de l’histoire, sans véritable logique chronologique (non, je n’appelle pas ça de la maîtrise mais de la facilité), ce qui est assez ennuyeux et confus. Forcément, quand c’est une narration à la première personne, en tant que lecteur on ne différencie pas la vérité des faits du mensonge. Et encore, c’est ARCHI plat. Donc s’ils ne réussissent pas à reproduire l’ambiance, la violence qui s’insinue dans le cadre familial et personnel, c’est mort. Puis bon, j’ai d’autres réserves quant à une adaptation aussi…

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Mais sérieusement ? Même en prétendant être une soularde, elle n’est pas moche pour autant…

  • Je ne dis pas qu’Emily Blunt est trop belle pour le rôle, mais si, je le dis. Même avec du maquillage, de la retouche ou que sais-je, je ne l’imagine pas du tout en cette personne qui semble avoir tout raté comme Rachel. Encore une américanisation d’un rôle qui aurait pu s’en passer…
  • Le tournage a commencé ce mois-ci à New York… C’est censé se passer à Londres et ils le transposent aux Etats-Unis ? Mais pourquoi ? Alors qu’ils pourraient profiter du fait que Blunt soit anglaise (même si dénuée de sa citoyenneté *soupire*) pour garder l’histoire à Londres ? Et les stations de train ?! Rachel reste bien anglaise en plus… Bref…
  • Y a Allison Janney dans le rôle d’une enquêtrice, mais honnêtement, si elle apparait plus de dix minutes, c’est qu’ils ne seront pas vraiment restés fidèles au livre… Je déplore d’avance sa sous-utilisation.
  • Désolée d’avoir des doutes aussi à cause du réalisateur, Tate Taylor ! Okay, La couleur des sentiments était magnifique, mais à des lieux de La fille du train !! Puis il avait complètement raté Get On Up en plus… Donc bon, bien sûr, il faut le voir avant de tirer une conclusion, mais si le côté « je suis dans une spirale infernale car je suis alcoolo et que tout le monde m’abandonne car je ne suis pas assez bien » sera bien fait, le côté « mais qui a tué Megan, je sais ! » sera à côté de la plaque ? J’ai rien contre l’idée qu’il change de registre, au contraire, mais je suis juste sceptique…
  • Niveau scénario, c’est Erin Cressida Wilson qui l’adapte, celle qui a signé Chloe et La secrétaire. Chloe étant un remake et La secrétaire… malgré un bon suspense, on ne peut pas dire que c’était un thriller. Souvent, quand les auteurs adaptent eux-mêmes leurs romans, ça marche mieux, je dis ça je dis rien…

Bref, j’irai le voir (sauf s’il est déconseillé au moins de 12 ans car je flipperais trop sinon) parce que le casting est quand même génial même si je n’aime pas l’histoire…

La sortie est prévue pour octobre 2016, le temps que j’oublie tout ce que je viens de dire, mais bon, quand même… Je suis sûre que la pub va se faire autour du « Le prochain Gone Girl » ou un délire du genre.

A jour dans « Downton Abbey »

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Downton Abbey, elle fait partie de ces séries que je me suis toujours promis de regarder « un jour ». Avec la dernière saison qui va sortir, il est plus que certain que je vais faire l’acquisition du coffret intégral. Je n’avais jamais regardé la série plus loin que la saison 1. Elle m’avait plu, mais pas suffisamment pour qu’à chaque rentrée je sois impatiente de la lancer. Surtout que huit épisodes d’une heure… Le temps passe lentement. Même en regardant l’une des plus belles représentations historiques du paysage télévisuel. Alors oui, dès la saison 1, j’étais bluffée par l’alchimie entre Dan Stevens et Michelle Dockery, j’ai sympathisé avec les domestiques du dessous, j’ai eu pitié et envié les aristocrates du dessus, j’ai été émerveillée par le paysage du Yorkshire. Mais je n’ai pas continué à la saison 2. Et maintenant, quelques années plus tard, alors que la sixième et dernière saison démarre dans quelques mois, j’ai tout rattrapé. Parce que les trois premières saisons étaient disponibles sur Netflix, j’en ai profité. Puis la suite, j’ai trouvé par mes propres moyens x’D. Avec Downton, je ne ressens pas le besoin d’être à jour tout de suite, hebdomadairement, comme j’ai envie de l’être avec The Good Wife par exemple. Ça n’enlève rien de la qualité et de l’affection que je porte à la série, et pendant mon visionnage je suis plongée dedans, mais je la savoure.

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Ce que j’admire le plus en plus de leur diction parfaite, c’est la simplicité de tout ce qu’il se passe. Concrètement, il ne se passe pas grand-chose, mais c’est impressionnant comment le rien crée plein de petites intrications au sein de l’histoire. Les personnages, la pléiade de personnages évolue, mais tout en gardant leurs caractéristiques propres. Malgré ce clivage des classes, une chose est sûre. La loyauté qui se dégage de chacun, par rapport à la famille, aux traditions, à l’amour, c’est ce qu’il y a de plus authentique. Cette séparation n’est pas remise en cause, okay, on a Branson qui passe de chauffeur à faire partie entièrement de la famille Crawley, et d’ailleurs, je trouve ça chouette que ce ne soit pas acquis mais que tous les jours, cet état de (non-)fait reste un sujet débattable. Les séries où les personnages sont trop nombreux sont subjectivement rayées de ma liste de suite, et Downton Abbey est l’exception qui confirme la règle. Les secondaires ont aussi droit à leur développement, et le spectateur s’attache à tout le monde. Au début, j’avais été rebutée par ça, et du coup, j’avais penché pour la nouvelle version d’Upstairs Downstairs… Bon, on voit bien comment ça a fini, Upstairs Downstairs a été annulée au bout de deux saisons, et Downton Abbey aura droit à une véritable fin.
Paradoxalement, c’est aussi le reproche que je ferais à la série. Cette stagnation qui oblige les intrigues à se répéter, et pour plus de réalisme à se dénouer en un épisode, tout de même (sauf l’histoire avec Bates qui a duré toute une saison, et c’était relou, ou encore avec le retour des amours de Mary qui devrait se décider un jour).

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Le fait que ce soit une série anglaise lui permet une chronologie un peu rocambolesque, sautant des semaines, des mois, ou quelques jours sans qu’on comprenne forcément comment ni quand. Encore une fois, c’est la vie qui se déroule sous nos yeux, avec les problèmes de mariage, d’héritage, de morts… Et cela semble donc tout à fait logique que les employés changent, que de nouveaux visages apparaissent, que les amis visitent puis repartent, bref, comme dans la vraie vie. Sauf qu’il s’agit ici du début du XXe siècle, dans la campagne anglaise avec un comte qui a des difficultés financières et des domestiques des plus fidèles. Les Crawley font de bons héros, leur lutte pour s’accrocher à leurs traditions qui s’étiolent ne fait que rappeler la gloire d’antan pendant que la classe ouvrière, libérale voire socialiste prend petit à petit le pouvoir. Le cœur britannique de la série bat plus fort encore que n’importe quelle autre série d’outre-Manche… Avec le temps qui passe, les thèmes abordés évoluent également. Et même si l’Angleterre a toujours été moins raciste que les autres pays anglo-saxons ou même latins, c’était intéressant de voir que ça signifiait quelque chose. Sans oublier leur approche de l’homosexualité qui est faite avec délicatesse. Tout est très anglais, dans l’élégance et la retenue x’D.

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Puis Downton Abbey, c’est beau. Les costumes d’époque sont magnifiques, les gens sont beaux (enfin, surtout Dockery, je le reconnais), le terrain est champêtre, le décor super bien travaillé. Ce sont les détails dignes de Fellowes, j’ai vraiment hâte qu’il développe sa série musicale. Je sens que ce sera A DES LIEUX de Glee x’D.
En vrac : j’aime pas du tout le personnage de Rose, j’aimerais que Matthew Goode soit un régulier de la saison 6 (même si pour ça il faut qu’il sonne aux abonnés absents dans The Good Wife) pour clore en beauté, Lord Grantham a perdu un peu de sa présence au fil des saisons, Edith n’a vraiment pas de chance dans la vie, Joanne Froggatt a plus que mérité son Golden Globes, Branson fait un peu coincé toujours mais il a hyper bien évolué, leurs accents sont toujours géniaux, la nouvelle coupe de Lady Mary est adorable. Et en plus, ils sont drôles :’D (avec une apparence de Jeremy Piven en Selfridge x’D).