The Post VS Three Billboards Outside Ebbing, Missouri (Oscars match)

Tiens, j’ai eu l’impression cette année que les films nommés aux Oscars sont sortis pour une fois avant la cérémonie en elle-même. Du moins, il y a de vagues efforts dans ce sens. Je commence par les deux films qui réunissent peut-être les noms les plus connus devant la caméra.

The Post

7/10 : un film prévisible soutenu par de brillants acteurs.

Ben… c’était bien. Mais sans plus ? Je trouve ça étrange de sortir d’un film qui réunit les plus grands noms du cinéma avec juste une satisfaction moyenne. Le sujet dans The Post est important, retour sous l’ère Nixon, en pleine guerre du Vietnam début des années 70. À l’époque, le Washington Post a à sa tête une directrice de publication, rôle qui doit assumer toutes les responsabilités quand l’un de tes rédacteurs commet un délit & autres. Mais voilà, on entre dans le domaine du complot quand le public américain découvre que le gouvernement lui a menti pendant des années sur la situation de la guerre. Non, les États-Unis n’avaient aucune chance de la remporter, et pour ne pas perdre la face, le pays a continué à envoyer des soldats au front… C’est là que les journaux décident de frapper, par devoir de la vérité, voilà que le Post est sur le point de publier des dossiers confidentiels. Carrières en péril, possibilités d’atterrir en prison, qui saura prendre la bonne décision ?

J’ai plusieurs soucis avec la narration du film qui manque clairement de tension à mes yeux. Et même d’enjeux en fait, car ça fait passer la décision d’une seule femme comme moment-clé de l’histoire alors que la solidarité entre journaux aurait mérité un moment avec plus de gravité.

Tout ça pour dire que malgré les performances sans fioritures de Meryl Streep (qui joue beaucoup sa Meryl Streep, non ?) et de Tom Hanks, je ne me suis pas sentie engagée dans l’histoire alors que la liberté d’expression devrait être une cause unificatrice. Après, oui, le sujet arrive à point nommé dans la société américaine où le président n’est clairement pas des plus transparents ou des plus honnêtes ou coopératif avec les journalistes (ô doux euphémismes), mais c’est encore pire du coup ! Car Steven Spielberg avait toutes les cartes en main pour réaliser un film percutant qui trouve résonance aujourd’hui et pas juste académique en offrant une scène à des comédiens talentueux. Ma déception n’en est que plus grande… (bon, y a plus qu’à attendre Ready Player One, hein x’)

Dans le genre, le déroulement de l’enquête dans Spotlight happait bien plus le spectateur et toute la tension était largement plus palpable que dans The Post. Et puis l’ensemble ne marche pas du tout, dans toutes les scènes où les journalistes bossent ensemble, y a aucune cohésion j’ai trouvé (also, embaucher Carrie Coon pour dire trois phrases, non merci, et la scène finale était carrément cheloue). Alors que dans Spotlight encore une fois, oui, il y avait un leader, mais chacun avait son rôle à jouer. Là, ça retombe à plat.

(P.S. : seul moment de véritable joie, quand Jessie Mueller apparaît trois minutes haha.)

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

8,5/10 : un scénario original sur lequel on ne parie pas d’avance.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé avec ce film, mais j’ai eu l’impression d’en entendre parler du jour au lendemain. Un jour son nom était murmuré et le lendemain, il était nommé aux Golden Globes et tout le monde ne parlait plus que de sa position de favori. J’en profite pour dire que la traduction « Les panneaux de la vengeance » me paraît assez à côté de la plaque car en entendant le titre, on pourrait croire à un slasher x’D. Dieu sait où se trouve Ebbing, Missouri, mais visiblement, la police n’a pas fait son boulot quand la fille de Mildred Hayes a été retrouvée morte après avoir été violée. La mère décide de louer trois panneaux d’affichage en prenant à témoin le chef de la police. Dans la petite ville où tout le monde se connait, le quotidien va être chamboulé…

Avant d’aller le voir, j’avais cru comprendre qu’on avait un excellent film décalé à la frères Coen. Après l’avoir vu, je suis relativement d’accord, les dialogues et le style se rapprochent énormément des premiers Coen mais moins d’absurdité quand même. Donc c’est plus réaliste presque. J’étais pas une grande fan de 7 psychopathes, mais j’avais vraiment apprécié Bons baisers de Bruges, et même si on n’aime pas son style, il faut reconnaître que Martin McDonagh sait se démarquer. Et franchement, belle évolution pour le scénariste réalisateur, où un peu moins de dix ans après son premier long-métrage, le voilà avec un film aux Oscars.

De l’humour noir, sans aucun doute, 3BOEM (on va le raccourcir comme ça) en regorge. En revanche, la polémique autour du racisme sous-latent du film, je ne sais pas trop quoi en penser. C’est vrai que les personnages noirs sont secondaires et qu’ils servent à montrer la rédemption du flic raciste, mais est-ce que c’est un traitement trop léger ? En même temps, ce n’était pas le sujet principal du film, mais alors pourquoi l’aborder dans ce cas-là ? J’en sais rien haha.

Après, j’ai vraiment trouvé qu’il n’y avait pas de mou dans l’histoire, et qu’il y avait du jamais vu. Il faut dire que le cast a toujours l’air bourré même quand il remporte les récompenses aux cérémonies donc rien que pour voir leurs discours je suis prête à parier sur le film x’D.

Bref, mon pronostic de victoire de toute façon tend à aller vers 3BOEM pour le meilleur film…

(P.P.S. : je n’ai pas encore vu Lady Bird, mais évidemment j’espère au fond qu’il va remporter toutes les catégories dans lesquelles il est nommé haha. Même si je dois avouer que la présence de Get Out me fait plaisir.)

5 livres à lire avant (ou après selon vos goûts) de les découvrir au cinéma en 2018

En tant que lectrice assidue (surtout de dystopies jeunes adultes, je l’admets), je mets un point d’honneur à lire les bouquins des films qui vont sortir qui m’intéressent sur le papier.

Haha, j’avais d’ailleurs mentionné à quel point je n’étais pas prête pour l’adaptation de La fille du train. Récemment, il y a eu l’excellent Wonder de R.J. Palacio qui a été superbement retranscrit (et très respectablement) par Stephen Chbosky, l’auteur du Monde de Charlie. Bref, 2018, nouvelle année, et une pluie d’adaptations qui promettent !

Ready Player One, Ernest Cline (sortie prévue 28 mars 2018)

Le bouquin a été un succès assez unanime à sa sortie en 2011. Et pour cause, une aventure quasi intergalactique en restant au chaud derrière le simili d’un ordinateur.

ready player one

2044. La Terre est à l’agonie.
Comme la majeure partie de l’humanité, Wade, 17 ans, passe son temps dans l’OASIS – un univers virtuel où chacun peut vivre et être ce qui lui chante. Mais lorsque le fondateur de l’OASIS meurt sans héritier, une formidable chasse au trésor est lancée : celui qui découvrira les trois clefs cachées dans l’OASIS par son créateur remportera 250 milliards de dollars !
Multinationales et geeks s’affrontent alors dans une quête épique, dont l’avenir du monde est l’enjeu. Que le meilleur gagne…

Pourtant, certaines critiques ont qualifié Ready Player One de nombriliste et d’autres adjectifs narcissiques. Je vais être claire pour moi, oui, il y a des références, beaucoup, mais ce n’est pas pas du tout too much car ces références sont expliquées. Si tu les as, tant mieux, si tu ne les as pas, c’est pas grave du tout (et Dieu sait que j’en avais à peine les 20%) car l’histoire est assez solide pour faire fi de ça. Et le pire, c’est que ce n’est pas dérangeant de ne pas comprendre la référence car la situation est décrite en sorte à ce que ce soit compréhensible.

La lecture est hyper fluide, le rythme tient bon et malgré les mois qui passent dans la narration, je peux vous dire qu’on enfile ce livre d’un seul coup. Et le côté rétro (car ça se passe dans le futur, n’oublions pas) nous ne nous lâche pas.

Puis qui n’a pas rêvé de jouer à un jeu vidéo comme dans la vraie vie ? La réalité virtuelle est à portée de mains et c’est notre futur ! Voilà ! C’est l’histoire dont vous êtes le héros pour tous les marginaux qui n’ont jamais été populaires, c’est la bible du « geek is becoming chic », et c’est le livre que vous attendiez quand vous jouiez à votre MMO au lieu d’étudier.

J’adore Tye Sheridan et Olivia Cooke, je n’aurais jamais pu imaginer un meilleur duo en têtes d’affiche pour l’adaptation. Même si Sheridan est peut-être « trop beau » pour le rôle, mais on est à Hollywood. Et qui de mieux que Steven Spielberg, l’idole des geeks et de sa génération pour réaliser ce film ?

La bande-annonce m’a captivée, les effets sont super jolis. De toute façon, j’étais conquise déjà, l’auteur mentionne Firefly à un moment, donc bon…

Annihilation, Jeff VanderMeer (sortie prévue 7 mars 2018)

Dans la trilogie de Rempart Sud, chaque livre est très différent l’un de l’autre dans son style et dans son ton. Le premier tome, Annihilation ne fait que décrire la disruption de notre monde.

annihilation

La Zone X, mystérieuse, mortelle. Et en expansion. Onze expéditions soldées par des suicides, meurtres, cancers foudroyants et troubles mentaux. Douzième expédition. Quatre femmes. Quatre scientifiques seules dans une nature sauvage. Leur but : ne pas se laisser contaminer, survivre et cartographier la Zone X.

Le résumé n’est pas du tout parlant, mais il faut avouer que je n’ai pas compris le bouquin en soi. La Zone X est changeante et les styles employés pour écrire la série le sont aussi. À aucun moment je n’ai réussi à imaginer l’endroit précisément. Alors j’étais curieuse de voir comment Alex Garland allait gérer ça. Mais ça lui correspond bien, c’est un mystère complètement opaque, si vous espérez avoir des réponses, vous serez probablement déçus…

Il faut le dire, c’est un univers compliqué, et le style est très fouillis à l’image du contenu. J’ai dû m’accrocher pour finir le premier tome. En revanche, Autorité la suite, a été une lecture bien plus plaisante. Finalement, Acceptance se situait entre les deux, ça faisait du bien d’avoir une conclusion à l’histoire. Quand j’y pense, je me demande si VanderMeer lui-même sait de quoi il voulait parler. Message métaphysique ? Écologique ? Fascinant, certes, mais fumeux quand même.

En voyant la bande-annonce, j’ai plus l’impression que c’est un mélange des deux premiers tomes plutôt que l’adaptation pure du premier. Et qu’Oscar Isaac un rôle bien trop important que ce qu’il en est en réalité. Bref, je suis pas chauffée par ces premières images. De toute façon, Annihilation, ça reste le film avec Gina Rodriguez et Tessa Thompson pour moi haha.

Un raccourci dans le temps, Madeleine L’Engle (sortie prévue 14 mars 2018)

Mon Dieu, j’ai dû m’y reprendre à cinq fois pour lire Un raccourci dans le temps. Sur le papier, tout aurait dû me plaire, des personnages excentriques, un mélange de fantasy et de science-fiction, une grande épopée. Mais bon sang, c’est difficile à suivre. J’avais tenté le coup il y a quelques années car le livre figure sur toutes les listes d’ouvrages incontournables du genre. Mais c’est vraiment il y a deux ans quand le film a été annoncé que je me suis forcée. Je dirais que les 50 premières pages m’ont complètement perdue, et même après…

Un-raccourci-dans-le-temps

Rien ne va plus pour Meg Murry, 13 ans  : son père a disparu, et personne ne s’intéresse à elle ni à ses problèmes. Car qui voudrait d’une fille qui se met tout le temps en colère ? Heureusement, il y a son frère, Charles Wallace, un petit génie de cinq ans qui lit dans les pensées  : lui est toujours là pour la réconforter. Quant à ses nouvelles et bien étranges voisines, les sorcières Mme Qui, Mme Quidam et Mme Quiproquo, elles semblent savoir où se trouvent M. Murry…
Et si Meg avait bien plus d’amis qu’elle ne le pense  ?

En fait, à la fin de ma lecture, je n’ai toujours pas été convaincue par l’histoire mais je comprends qu’il soit mis au niveau de roman culte avec son concept. L’écriture est assez décousue, ce qui a rendu ma lecture particulièrement laborieuse. Et les gamins sont assez lisses, pas très intéressants malgré leurs esprits brillants. Hermétiques ? Mouais…

Pourtant, la créativité est bien là. Ce qui est assez impressionnant c’est que l’univers semble très complexe pour être transposé à l’écran (je pense la même chose pour la saga Les fiancés de l’hiver par exemple) du coup, ça va énormément relever de la vision d’Ava Duvernay.

En voyant la bande-annonce, j’ai trouvé qu’on perdait du charme vintage du livre original et on avait un show spectaculaire (à la Disney) qui m’a rappelé Le monde fantastique d’Oz que j’avais détesté. En plus, j’ai du mal avec Chris Pine partout, mais c’est mon problème. Mais y a du bon, par exemple, le bouquin avait une vieille édition française qui a été remise à jour avec l’annonce de l’adaptation.

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, Annie Barrows et Mary Ann Shaffer (sortie UK prévue 20 avril 2018)

Ouiii ! Mon Dieu, j’avais dû lire ce livre alors que j’étais encore au lycée. Petit coup de cœur pour ce roman épistolaire. À l’annonce de son adaptation sur grand écran, première réaction : enfin, deuxième réaction : ça va être siii anglais. Et ça ne manque pas, Lily James et Matthew Goode (Jessican Findlay Brown et Michiel Huisman) parmi d’autres acteurs trop coolies ? Deuxième réaction : ils ont intérêt à en faire un joli drame britannique comme les Anglais en ont le secret. Avril 2018, je t’attends.

cercle littéraire

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, un natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis – un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d’un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates…) délices bien évidemment strictement prohibés par l’occupant.

C’est simple, ça va droit au but, et ça donne l’idée du ton. Du feel-good, du vivifiant, une histoire humaine qui va en toucher plus d’un. Enfin, du moins, c’était le livre. La bibliothèque des cœurs cabossés m’a énormément rappelé Le cercle littéraire blabla d’ailleurs. Mais c’est une autre histoire. Donc oui, Juliet va découvrir la vie sur Guernesey (à l’époque, j’apprenais juste l’histoire de ces îles anglaises si proches de la France en passant) à travers une correspondance. Et petit à petit, en entrant dans la vie de ces habitants hors du commun, elle va se découvrir elle-même.

Le bouquin n’est peut-être pas un page-turner en soi, mais il apporte du réconfort, et c’est exactement le genre d’ouvrage qu’on lit quand on a un coup de blues avec son plaid et sa tisane (oui, le livre est interchangeable avec toute autre œuvre culturelle britannique).

C’est très touchant en fait, ça montre à quel point la solidarité peut surmonter l’adversité mais aussi que ce sont des petites actions qui peuvent mener un grand projet. J’ai hâte de voir ce que ça va donner en long-métrage. Il n’y a pas besoin d’un héros parfois pour secouer les choses.

guernesey literary

Crazy Rich Asians, Kevin Kwan (sortie UK prévue 17 août 2018)

Ouais, avec ce titre, il fallait que je le lise ! Alors il s’agit d’une trilogie mais je n’ai lu que le premier tome quand j’ai appris que Constance Wu (et Michelle Yeoh !! Mais Ken Jeong ._.) allait jouer dedans. Ça faisait longtemps que la série me faisait de l’œil mais je n’avais jamais pris le temps auparavant.

crazy rich asians

Lorsque Rachel Chu débarque à Singapour au bras du délicieux Nicholas Young pour assister au mariage du meilleur ami du jeune homme, elle pense juste passer d’agréables vacances en amoureux. Mais Nick a omis de mentionner quelques petits détails… Sa maison familiale est un véritable palais, il est plus accoutumé aux jets privés qu’aux voitures, et surtout, il est l’héritier le plus convoité de toute l’Asie.
Le séjour de Rachel à Singapour tourne au parcours du combattant, où aucune avanie ne lui sera épargnée. Sans parler de Madame-Mère, bien décidée à écarter définitivement la jeune professeur d’un monde auquel elle n’appartient visiblement pas…

Bon, oui, ça ressemble à un Dynastie de mauvais goût, mais en vrai, c’est très rigolo. Avec toutes les références culturelles (oui, on se marie pour l’argent en Asie, et alors ?!) là où il faut, je ne sais pas si en faire un film américain est la meilleure solution, mais bon, on va voir ce que ça donne.

En fait, les productions au casting 100% asiatique ne traversent que très rarement les frontières, il faut le dire. Je crois que le nombre de films communautaires asiatiques que j’ai vus se comptent sur les doigts de la main (contrairement ceux ciblés communautés noires) du coup, ça me fait un peu bizarre. Mais tant mieux si Hollywood veut taper dans la romcom/buddy comedy asiatique, y a des clichés qui peuvent faire marrer.

Le livre se rapproche plus de la chick lit dans le concept un peu soapesque à cause des batailles générationnelles et le tiraillement entre le devoir et le cœur. Petite précision, l’auteur est un homme qui s’inspire de sa propre expérience (venant d’une famille particulièrement installée de Singapour). En fait, c’est la manière acerbe d’analyser les us et coutumes qui distingue vraiment le bouquin. J’ai hâte de découvrir le film en tout cas !

crazy rich asians movie

(P.S. : ouais, je ne vais pas tarder à lire Ophelia maintenant, et possiblement Every Day si les premières pages ne me paraissent pas trop mielleuses…)

4 séries plutôt chouettes (et pas très connues) à regarder sur Netflix

J’ai toujours des phases de « je ne sais pas quoi regarder sur Netflix » quand je suis déjà à jour dans mes séries en cours. Là, particulièrement avec la grippe, j’ai passé les fêtes devant ma télé. Donc une fois les téléfilms de Noël épuisés (en passant Pottersville est assez marrant, mais surtout a un cast de ouf), ben il faut bien lancer d’autres programmes.

Ku’damm 56 (mini-série)

Parfois, je me dis que j’aurais été une lumière en allemand LV2 si j’avais commencé à regarder des séries allemandes à l’époque (eh non, je ne parle pas du Clown). Bref, oui, Ku’damm 56 nous vient droit d’Allemagne dans une période post-guerre où les gens ont tourné la page comme ils le pouvaient. Elle a été diffusée sur Arte sous le nom Berlin 56 pour ceux et celles qui l’auraient regardée.

L’affiche ne paye pas de mine, on dirait un énième drame familial ou alors de soap familial. Pourtant, la mini-série elle, présente des points assez intéressants même si elle traite de tous les sujets clichés de l’époque : le viol, l’avortement, l’homophobie, le sexisme, j’en passe et des meilleurs. Bienvenue à Berlin dans une école de danse traditionnelle menée par Frau Scholläck. Ses trois filles lui causent bien du souci, même si l’une va bientôt se marier et une deuxième a une option avec son boss. Mais voilà, la troisième est complètement à côté de la plaque et kiffe le rock. Vous imaginez bien que le vilain petit canard de la famille va défier les règles de sa mère pour vivre sa vie.

Avec quelques scènes chorégraphiées assez sympathiques, des danses de salon à du rock acrobatique, la mini-série a le mérite de couvrir plein de sujets sans oublier son objectif : l’émancipation de son héroïne. On la soutient, on l’admire, on a pitié d’elle, mais surtout, on se dit qu’elle est forte pour aller jusqu’au bout des choses car rien, mais alors rien du tout, ne semble l’aider.

Il n’y a que trois épisodes, donc ça se regarde très vite, et c’est très feel-good. En plus, mine de rien, la période post-nazie me fait toujours de l’effet… Et cet aspect-là est très bien traité.

Love, Nina (autre mini-série)

Quoi, Helena Bonham-Carter a joué dans une série récemment ? Qu’on soit clair, elle n’est pas l’héroïne de cette série, nope. L’héroïne est Nina, interprétée par Faye Marsay (pour les fans de Game of Thrones, c’est Waif de la confrérie des Sans-Visage) qui se fait embaucher comme nanny. Voici Le journal d’une baby-sitter dans les années 80 à Londres.

Nina Stibbe a écrit des lettres à sa sœur pendant près de 30 ans racontant son quotidien dans la capitale, vivant de différentes expériences, et ces lettres ont été compilées dans un livre publié en 2013 qui est ici adapté.

Love, Nina présente la première famille qui l’accueille de sa campagne de Leicester. À sa tête, on retrouve Georgia, la mère (voilà Helena Bonham-Carter) d’une maisonnée de deux enfants, complètement plongée dans le cercle littéraire. Entre discours philosophiques et manque de pragmatisme, George a la tête dans les nuages. Le caractère de Nina est complètement opposé au monde dans lequel elle pénètre.

Le script a été adapté par Nick Hornby (About a Boy) et des changements ont eu lieu. Stibbe par exemple avait intégré une famille dont le voisin était le véritable Alan Bennett, l’écrivain célèbre. Dans la série, son alter ego est un poète qui n’a clairement pas son parlé. Et la famille en question n’est autre que celle de l’ex-femme de Stephen Frears, Mary-Kay Wilmers et ses deux fils.

Du coup, Love, Nina est un peu méta dans le sens où elle fait des références à de véritables gens et elle réussit vraiment à faire rire. Le ton humoristique est très bien retranscrit à l’écran avec des répliques qui font mouche à tous les coups et des élucubrations farfelues. En gros, c’est sassy et très vif, et ça se regarde vite. Puis comme à chaque fois, c’est la touche nostalgique qui va faire plus d’un ravi pour les amoureux des 80’s britanniques.

Lady Dynamite (pas une mini-série)

Mais WTF cette série. Vraiment, ça provient d’une autre planète je crois. J’ai jamais rien vu d’aussi différent. Vous savez, les Haters Back Off, ou même Wilfred, sont absurdes mais elles respectent un certain cadre général. En gros, elles peuvent rentrer dans une catégorie. Mais Lady Dynamite, EUH. Je ne sais toujours pas si j’aime bien ou pas en fait mais cette comédie satyrique tire son épingle du jeu.

Je crois que la série rentre dans la mouvance de Netflix de donner une voix à des comédiens de standup assez inconnus ailleurs qu’aux États-Unis comme c’est le cas de Maria Bamford. Franchement, on a dû la voir dans Arrested Development, et pour le reste de ses crédits, c’est du travail de doubleuse voix. Dans Lady Dynamite, elle joue son propre rôle, mais est-ce que la série est autobiographique ? Des éléments le sont clairement, mais je pense que ça joue énormément du « vraiment ? Non, pas possible… » pour retourner le cerveau du spectateur encore plus. Du coup, ça casse complètement les codes de tous les genres connus et c’est magique.

En fait, tout est tellement over the top que je me suis retrouvée captivée par cette non-histoire. Y a des guests de partout, mais y a 0 continuité car elle parle de son passé, de son présent mais aussi de son futur, c’est du grand n’importe quoi. Que ce soit le premier épisode qui sort de nulle part, et la saison entière un peu chelou qui parle implicitement de maladie mentale (elle est bipolaire) mais vraiment étrangement, ou une histoire de raton laveur dans la saison 2, c’est juste chelou. Mais fascinant. Mais toujours chelou.

Je ne sais pas quoi dire d’autre que de vous faire votre propre avis sur la série qui est vraiment unique en son genre.

Salvation (suggérée car j’ai maté Travelers)

La fin du monde arrive. Si si, un astéroïde va détruire la Terre dans 186 jours et y a une poignée de gens qui le savent. Un type à la Elon Musk va tenter de sauver l’humanité, le gouvernement également mais à sa manière, et des gens plus ou moins lambdas vont faire leur travail pour mener le plan global à bien. Complot, trahison, sauver la Terre ou se sauver, voilà les enjeux de la série.

Salvation est passée cet été sur CBS, dans mon indifférence la plus totale, mais voilà, comme c’est sur Netflix en ce moment… (petit aparté pour dire que je suis la première à m’offusquer quand les co-prods Netflix ou les séries reprises sur Netflix ne mentionnent pas les chaînes d’origine, je pense à The End of the Fucking World qui fait soudainement parler d’elle alors que quand elle a été diffusée sur Channel 4, silence complet… bref)

Des quatre séries, c’est certainement la moins chouette pour être honnête x’D. Un peu convenue, pas très bien jouée (ça fait du bien de voir des têtes pas connues, mais franchement, comme ensemble, y a mieux), à se demander pourquoi j’en parle en fait. C’est tout le côté « et si on devait mourir demain, qu’est-ce qu’on ferait de plus, qu’est-ce qu’on ferait de moins » qui m’a fait tenir jusqu’au bout. Et puis je me dis que pour l’été, ça doit se bouffer très facilement. Puis l’idée qu’un corps céleste puisse entrer en collision avec la Terre, on la ressasse souvent, mais elle ne s’est jamais vraiment avérée, donc bon… Et théoriquement, la NASA a les moyens de détruire l’objet avant que le risque soit vraiment grand.

En fait, le plus grand souci de Salvation, c’est que ça donne l’impression de se prendre au sérieux, et quand t’as un script aussi pauvre, c’est difficile d’y croire…

(P.S. : ça me fait penser que je suis sur le store UK actuellement, donc ça se trouve que tout n’est pas dispo en France…)